Resident Evil: Retribution (Resident Evil : Le châtiment) ***

14 septembre 2012

Alice (Milla Jovovich) lutte une nouvelle fois contre la société Umbrella, à l’origine de la propagation d’un effroyable virus transformant les humains en infâmes morts vivants assoiffés de chair fraîche!

Réalisateur: Paul W.S. Anderson | Dans les salles du Québec le 14 septembre 2012 (Alliance Vivafilm)

Certains films, trop désireux de devenir géniaux, ont tendance à aller trop loin pour finalement se transformer en oeuvres si gonflées de prétentions qu’elles en deviennent ridicules. Rassurez-vous, ce n’est pas le cas de ce nouveau Resident Evil, qui aurait même tendance à prendre le chemin opposé! À force de lorgner du côté du navet, il en devient passionnant!
En assumant son héritage de l’esprit des jeux vidéos, il nous bombarde d’éléments qui ne font pas forcément bon ménage avec le cinéma (du moins lorsqu’on en abuse): des personnages sans âme multipliés à l’infini, des morts ne suscitant aucune émotion, des combats improbables, des décors artificiels, etc.
Ce qui pourrait être un défaut est ici assumé, mais il ne suffit pas d’assumer pour générer de la qualité. Étrangement, ce qui sauve le film, c’est son excès, son absence de limites et de bon sens (scénario dont Paul W.S. Anderson semble se ficher éperdument, même s’il en est l’auteur; regards vides des combattants avant les assauts; sur-utilisation de la musique; déshumanisation extrême; effets flirtant régulièrement avec le ridicule, même dans les scènes qu’on aurait pu imaginer émouvantes comme la pseudo relation mère-fille). En cumulant tout cela, Resident Evil: Retribution finit par dépasser le point ultime du navet, ce qui lui permet d’atteindre un tel degré d’abstraction qu’il en devient passionnant. Il n’y a plus de personnages, mais il y a des formes, il n’y a plus de décors mais il y a des couleurs, il n’y a plus de combats mais il y a du mouvement... et toute volonté de crédibilité semble accessoire. Le résultat improbable, que l’on pourrait imaginer passer en boucle dans un musée d’art contemporain, a quelque chose de fascinant!
Avec Resident Evil: Retribution, Paul W.S. Anderson invente le grand n’importe quoi génial. Savoir s’il l’a fait exprès est une autre histoire, mais qu’importe. Ce qui compte, c’est le résultat!
 

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