Life of Pi (L’histoire de Pi) **½

21 novembre 2012

Un adolescent (Suraj Sharma), séparé des siens après un naufrage, doit survivre sur un radeau en compagnie d’un zèbre, d’un orang-outan, d’une hyène et d’un tigre.

Réalisateur : Ang Lee | Dans les salles du Québec le 21 novembre 2012 (20th Century Fox)

Ayant connu un très grand succès populaire, le livre Life of Pi de Yann Martel a été fort logiquement porté au cinéma. L’attente fut pourtant considérable. Comment mettre en image une histoire aussi spéciale? Jean-Pierre Jeunet s’était déjà cassé les dents sur ce projet d’envergure, remplacé au pied levé par Ang Lee. Le résultat n’est malheureusement pas transcendant.
Techniquement parlant, le long-métrage est une réussite. Le père de Tigre et dragon utilise une quantité phénoménale d’effets spéciaux et la rétine a beaucoup de difficulté à ne pas être attirée par ce nirvana de formes et de couleurs, de bruits et de fureurs, d’autant plus que l’utilisation d’effets en trois dimensions est subtile et parfaitement intégrée à l’action.
Comme dans Avatar et bons nombres de films avant lui, c’est l’histoire qui, même si elle semble tenir la route sur le papier, est mal développée à l’écran. Il faut attendre une bonne grosse demi-heure pour qu’un semblant d’intérêt se manifeste. Le cinéaste nage alors rapidement contre vent et marrée, ce qui finit par nuire à son rythme. Du coup, la dérive sur le radeau avec le tigre (qui est probablement le meilleur acteur du lot, désolé pour Gérard Depardieu, dont le personnage n’est pas le plus développé du lot) est un peu fastidieuse, et c’est encore pire au moment de la conclusion qui ne semble jamais vouloir aboutir.
Au final, les jeunes enfants et les amateurs d’effets spéciaux seront sûrement comblés par ce conte extrêmement naïf et moralisateur, aux discours très nouvel âge et à la philosophie à deux sous. Les autres voudront sûrement revenir au matériel littéraire de base. Ang Lee est un grand cinéaste et il s’est rarement fourvoyé dans sa longue carrière (c’est vrai que Taking Woodstock était très léger, mais Lust, Caution était un joyau, The Ice Storn un chef-d’œuvre en puissance et le premier Hulk, certainement un des meilleurs films de superhéros de la dernière décennie). Il y a cependant une première fois à tout.
 

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