Avant que mon cœur bascule ***½

16 novembre 2012

Sarah (Clémence Dufresne-Deslières), une marginale de 16 ans qui détrousse les auto-stoppeurs trop crédules, est responsable malgré elle de la mort d’un homme (Alex Martin). Rongée par la culpabilité, elle choisit de rentrer en contact avec la conjointe (Sophie Lorain, magnifique) de la victime.

Réalisateur: Sébastien Rose | Dans les salles du Québec le 16 novembre (Métropole Films Distribution)

Dès les premiers instants, deux choix déstabilisent un peu le spectateur: celui du format scope qui devient particulièrement désagréable lorsque la caméra s’agite un peu trop, et celui de la jeune et inconnue Clémence Dufresne-Deslières, que l’air renfrogné et le physique peu avenant rendent d’entrée de jeu assez antipathique. Pourtant, nous comprenons très vite que nous faisons fausse route: malgré nos craintes initiales, le scope est finalement parfaitement maîtrisé par le directeur photo Nicolas Bolduc, et Clémence Dufresne-Deslières s’avère être une jeune actrice très talentueuse capable de rendre parfaitement perceptibles les prises de conscience et les évolutions de son personnage.
Aidé de ces deux armes, Sébastien Rose parvient à éviter les pièges qui auraient pu parsemer sa route. Il dresse ainsi un beau portrait de jeune fille à fleur de peau, véritable bête traquée, que le destin va finalement transformer en être humain digne de compassion. Les instants entre Clémence Dufresne-Deslières et Sophie Lorain sont d’ailleurs les plus réussis, ces deux fragilités étant cernées avec justesse et sans le moindre recours à la facilité.
Malheureusement, les scènes mettant en scène les complices de la jeune fille ne sont pas aussi satisfaisantes. Régulièrement trop caricaturales pour être crédibles (le personnage interprété par Sébastien Ricard n’y est probablement pas pour rien), elles ne parviennent pas à faire naître la tension et la violence nécessaire. L'opposition qu'elles auraient dû symboliser avec le nouveau monde que découvre l’héroïne manque ainsi cruellement de force.
Cependant, ni cette petite critique, ni la dernière image au symbole particulièrement appuyé, ne parviendrons à nous faire oublier les qualités de ce film sensible et fragile, restituant de manière convaincante ces petits instants de la vie d’une personne capables de faire basculer tout un destin!
 

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