Big Bad Wolves (Mi Mefahed Mezeev Hara) ***½

24 janvier 2014

Des fillettes disparues sont retrouvées sans tête. Un policier et le père d’une des victimes torturent un suspect, essayant de lui faire avouer sa culpabilité.

Réalisateurs : Aharon Keshales et Navot Papushado | Dans les salles du Québec le 24 janvier 2014 (Le Cinéma du Parc)

Long métrage préféré de Quentin Tarantino en 2013, Big Bad Wolves traite de l’auto-justice par le filtre de la comédie très noire. Tous les excès sont possibles et les grands méchants loups ne sont pas seulement ces maniaques qui rôdent et qui s’en prennent à la jeunesse. Au contraire, ils prennent ici la forme des forces de l’ordre impuissantes à rétablir une quelconque tranquillité ou des pères au bord de la folie qui handicapent leur futur pour retrouver les assassins de leur progéniture.
Les ruptures de tons sont nombreuses au sein de cet exercice particulièrement sardonique et si elles ne sont pas toutes réussies ou assumées, le récit arrive brillamment à passer du rire à la terreur en un instant, poussant le spectateur à questionner continuellement les motivations des personnages et ce qui est montré à l’écran. Cela peut ressembler au récent Prisoners de Denis Villeneuve mais sans cette fascination terre-à-terre pour l’hémoglobine et la souffrance. Au contraire, les parallèles se tiennent davantage envers les superbes Sympathy for Mr. Vengeance et Lady Vengeance. Sans doute que la réalisation d’Aharon Keshales et de Navot Papushado n’est pas aussi flamboyante que celle de Park Chan-wook et que leur direction de comédiens est moins subtile, mais il est ici question d’une satire, et non d’une chronique ironique.
Après avoir offert le meilleur slasher movie des dernières années (l’hilarant Rabies), les cinéastes israéliens reprennent la même formule (détourner un genre par l’absurde) pour l’appliquer au film de vengeance. Le trait est sans doute trop forcé, mais cela ne devrait pas empêcher le cinéphile d’en prendre plein la gueule. S'il se met à analyser l’effort sous des aspects politisés (les liens entre Israël et ses voisins arabes, par exemple), l’analogie n’en deviendra que plus puissante.
 

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