Bunker ***

7 mars 2014

Deux soldats (Martin Dubreuil, Patrice Robitaille) affectés dans un bunker se demandent s’ils doivent obéir aux ordres lorsqu’une urgence se présente.

Réalisateur : Patrick Boivin, Olivier Roberge | Dans les salles du Québec le 7 mars 2014 (Les Films Séville)

Récit paranoïaque tourné avec un budget réduit, Bunker est un huis clos prenant qui agit de trois façons différentes sur le spectateur. Tout est d’abord question d’images et de décors, de la beauté de la photographie et d’un rythme lent qui permet de voir – mais est-ce réellement le cas ? – ce qui se passe. Il faut laisser le temps à l’introduction de se développer, car les ruptures de ton sont nombreuses. A-t-on affaire à une comédie satirique ? À une critique de l’impérialisme américain ? Mystère.
À mesure que la mise en scène se raffermit, les personnages prennent de l’expansion et avec eux, leurs motivations. Ils deviennent complexes, tangibles, un peu prisonniers des stéréotypes (le rigolo qui ne pense qu’à s’amuser, l’autre trop sérieux à travailler), mais sans y être contraints totalement. C’est là que le duo formé de Martin Dubreuil et de Patrice Robitaille fait des étincelles. Leur chimie donne un résultat explosif, rigoureux.
Après quelques détours parfois inutiles en forêt, la conclusion déferle. Elle est imprévisible mais surtout métaphorique, à l’image de ces hommes ravagés qui tentent de survivre lorsque la machine se dérègle et que les démons du passé reviennent les hanter. Le choc devient ainsi intrinsèque et malgré de nombreux passages obligés qui n’arrivent pas à tenir totalement en haleine, c’est le souvenir de la fin qui hante. Et qui fait pencher la balance pour recommander Bunker.
 

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