Divergent (Divergence) **½

21 mars 2014

Dans une société dystopique divisée en cinq classes sociales, Tris (Shailene Woodley) est une divergente, un être humain qui n’appartient à aucune classe sociale et qui est poursuivie par les autorités dans le but d’être éliminée.

Réalisateur : Neil Burger | Dans les salles du Québec le 21 mars 2014 (Les Films Séville)

À une époque où les films pour adolescents fonctionnent à coup d'univers fantastiques, d'adaptations de livres à succès et de suites, les regards sont tournés vers des productions qui ont le potentiel pour devenir des séries cinématographiques. Pour chaque Harry Potter, Twilight et The Hunger Games qui ont su trouver leur public, on ne compte plus les échecs retentissants et les déceptions majeures. Qu’en sera-t-il de Divergent ?
Logiquement, cette transposition des écrits de Veronica Roth devrait accoucher de petits. Le récit est suffisamment riche et complexe pour attirer l’attention et les thèmes en place (le libre-arbitre et la marginalité, la nécessité de travailler en équipe, de prendre soin de sa famille et d’explorer ses zones grises) sauront probablement trouver un écho chez de nombreux spectateurs.
Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à des développements extrêmement originaux. Il reste trop de romance et de chansons interchangeables pour faire passer l’émotion des personnages. De plus, ces derniers manquent de nuances et la grande phase d’entraînement semble surtout préparer les prochains longs métrages.
Heureusement, le terme «conçu pour adolescents» s’estompe en quelques occasions, notamment lors de l’introduction, où les jeux de miroirs rappellent ceux de Mad Detective de Johnnie To. Cette notion centrale du vrai et du faux est d'ailleurs plutôt bien exploitée par le cinéaste Neil Burger qui s’y connaît dans le genre (avec ses précédents The Illusionist et Limitless). On aurait certes apprécié une mise en scène plus personnelle mais sa façon de rappeler The Matrix et Inception est loin d’être désagréable.
Le principal atout de Divergent demeure cependant Shailene Woodley qui campe le personnage principal (Béatrice, clin d’œil à Dante). Un peu comme Jennifer Lawrence, la jeune comédienne prouve qu’elle est capable de passer des petits films d’auteurs extrêmement intéressants (The Descendants, The Spectacular Now) à des superproductions spectaculaires sans pour autant perdre son âme. Son visage fascine au même titre que sa sensibilité et sa présence rassurante, qui nous feraient presque oublier qu’il se trouve à ses côtés Kate Winslet, Ashley Judd et un certain Theo James qui espère fortement devenir le prochain Robert Pattinson, muscles en plus.
Sans se démarquer autant du lot qu’il aurait dû (un comble pour un projet qui souligne la différence), Divergent demeure un long métrage satisfaisant et légèrement supérieur à ce qu’Hollywood offre généralement à cette clientèle cible.
 

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