The Grand Budapest Hotel ****

21 mars 2014

Le concierge (Ralph Fiennes) d’un prestigieux hôtel est accusé d’avoir assassiné une riche héritière. Le garçon d’étage (Tony Revolori) tente de le sortir de ce pétrin.

Réalisateur : Wes Anderson | Dans les salles du Québec le 21 mars 2014 (20th Century Fox)

Film après film, on retrouve l’univers de Wes Anderson avec affection et même délectation. Après des débuts endiablés (Rushmore et The Royal Tenenbaums demeurent peut-être ce qu’il a fait de mieux en carrière), il y a eu un long passage à vide (The Life Aquatic With Steve Zissous, The Darjeeling Limited) qui laissait craindre le pire. Heureusement, le cinéaste américain est revenu en force en 2009 avec sa délicieuse animation Fantastic Mr. Fox. Depuis, tout ce qu’il touche se transforme en or.
The Grand Budapest Hotel ressemble à un proche cousin de son précédent et déridant Moonrise Kingdom, une œuvre délirante et décoiffante où tout est prétexte pour raconter une histoire différemment et pour se replonger – parfois avec mélancolie – dans le passé. Sur un simple plan technique, le long métrage est une merveille à regarder, utilisant de nombreux ratios différents, en mettant plein la vue et les oreilles avec ses teintes incroyablement colorées et sa trame sonore extrêmement accrocheuse.
Les adeptes du septième art seront au septième ciel devant tous les hommages (aux frères Marx, à Ernst Lubitsch, à W.C. Fields, au Grand Hotel d’Edmund Goulding, etc.), les clins d’œil et l'utilisation de techniques révolues en guise d’effets spéciaux volontairement ringards. Du côté des acteurs, Anderson greffe de nouveaux éléments à sa propre famille de cinéma. Le plus savoureux est sans aucun doute Ralph Fiennes qui rappelle qu’il a énormément de talent pour la comédie pince-sans-rire. Son duo avec le jeune Tony Revolori est d’ailleurs en tout point impeccable.
Doté d’un rythme assuré et de situations complètement imprévisibles qui rendent l’exercice particulièrement jouissif, The Grand Budapest Hotel demeure un plaisir de tous les instants. La structure dramatique aurait cependant pu être plus complexe et plus profonde, ce qui confirme que le metteur en scène est un expert pour faire des esquisses de grands films sans pour autant aller jusqu'au chef-d’œuvre. Il s’en approche cependant peu à peu et son dernier délire, stylisé à souhait, lui permet de forger encore davantage son style unique et immédiatement reconnaissable.
 

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