Afflicted ***

4 avril 2014

Lorsque Dereck se fait diagnostiquer un gros problème médical, il décide de partir faire un tour du monde d’un an avec son ami Clif, qui immortalisera le périple en tournant des vidéos destinées à leur blogue de voyage. Lors d’une escale à Paris, Dereck passe la soirée avec une charmante jeune femme… mais celle-ci lui donne autre chose que du plaisir!

Réalisateurs: Clif Prowse et Derek Lee | Dans les salles du Québec le 4 avril 2014 (Les Films Séville)

Le point de départ d’Afflicted n’est pas des plus originaux ni des plus prometteurs. Une fois de plus, le film se base sur l’usage d’une caméra utilisée comme élément diégétique. Le procédé, s’il permet de faire un film à moindre coût en justifiant une piètre qualité d’image, convainc rarement et parvient avec peine à insuffler la moindre petite dose de «réel» supplémentaire… à l’exception notable de l’excellent [Rec].
Très vite pourtant, nous constatons que Afflicted évite certains pièges. D’une part, nous avons tout de suite l’impression d’assister à un vrai témoignage et non à une fiction qui voudrait passer pour ce qu’elle n’est pas. D’autre part, les cinéastes ont l’intelligence de nous présenter leur matériel de prise de vue (harnais sur lequel est fixé un appareil photo au niveau de la poitrine, multitude des appareils utilisés, etc). Ces détails techniques, loin d’être superflus, permettent en fait au spectateur de comprendre la logique et donc la possibilité des plans proposés. Cette construction de faux documentaire, associée à une intégration intelligente des premiers effets spéciaux, parvient à engendrer un résultat assez impressionnant. Malheureusement, cela ne dure pas. Lorsque le scénario affirme son parti pris fantastique, c’est à dire lorsqu’il doit proposer des solutions crédibles à ses velléités horrifiques, il se fait beaucoup moins assuré. Le film semble alors vouloir noyer le poisson en s’orientant un peu plus vers l’action. Si le résultat est très efficace, il pose de nouveau problèmes en raison du rôle joué par les appareils de prise de vue (certaines scènes ne fonctionnent plus).
Certains développements scénaristiques mal intégrés continuent à affaiblir l’ensemble mais, malgré ses travers, le film fait preuve d’une maîtrise de la mise en scène suffisante pour acheter notre indulgence envers un premier film particulièrement prometteur… et au final, répétons-le, plutôt efficace!
 

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