Meetings with a Young Poet *½

4 avril 2014

Pour interpréter une pièce de Samuel Beckett, une comédienne de théâtre chercher à obtenir conseil auprès du poète Paul Susser, ami du défunt auteur irlandais, qui a hérité des droits de son œuvre.

Réalisateur : Rudy Barichello | Dans les salles du Québec le 04 Avril (TVA Films)

Au vu de la durée du film de Rudy Barichello, un maigre 1h28, un premier et rapide constat s’impose : il faudra faire très fort pour donner vie et matière à une relation amicale s’échelonnant sur 20 ans en si peu de temps. Et comme si ce n’était pas assez, Barichello adjoint à la trame principale de son film une seconde, toute aussi importante à ses yeux, qui raconte l’entêtement d’une actrice à convaincre Susser de la renseigner sur la personnalité complexe de Beckett. Elle souhaite par là trouver l’inspiration de son interprétation de Krapp, personnage principal de la pièce La dernière bande, qu’elle s’apprête à jouer sur scène. Or, outre les quelques références beckettiennes qui arrivent à se greffer tant bien que mal à l’ensemble, le film lasse rapidement. L’ennui guette à chaque plan, ou presque.
L’ensemble est souvent gênant, à l’image de cette scène dans laquelle Barichello filme Beckett, inspiré, au cimetière, comme s’il suffisait de montrer l’homme ruminer quelques mots aussitôt griffonnés dans un cahier pour donner à voir un poète au travail. Il manque à ce film un certain talent dans l’art de la suggestion, dans la transposition du sens de l’observation du poète ou de l’artiste (on conseillera le Favourite Game de Bernar Hébert, plus réussi dans ce domaine). Barichello veut parler de la création artistique (de sa solitude, de ses doutes, de ses zones sombres). Certes, on voudrait y croire, mais quand tout dans son film manque d’ampleur, de vérité, d’inspiration; quand sa mise en scène se fait vieillotte, sans originalité ou grâce; quand ses acteurs (exception notable de Stephen McHattie, touchant et mémorable en Beckett) sont figés dans une théâtralité navrante; quand ces échanges entre poètes donnant au film son titre se résument à quelques moments souvent banals passés autour d’échecs et de bouteilles vidées; bref quand tout ça s’accumule, on se dit que Beckett, personnage singulier et peu traité dans le cinéma, aurait mérité vraiment mieux.
 

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