Escobar : Paradise Lost**½

16 janvier 2015

Fin des années 80, Colombie. Loin de son Canada natal, Nick (Josh Hutcherson) plante sa tente dans le décor idyllique d’une plage colombienne avec l’espoir d’y construire une école de surf. Durant son séjour, il s’éprend de la belle Maria, la nièce du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar (Benicio Del Toro).

Réalisateur : Andrea Di Stefano| Dans les salles du Québec le 16 Janvier (VVS Films)

Première réalisation de l’acteur Andrea Di Stefano, Escobar: Paradise Lost atteste d’un minutieux et évident travail de documentation sur le célèbre narcotrafiquant colombien. En effet, on y entre un peu comme dans un biopic présentant dès la première séquence Escobar à la tête d’un cartel ultra-structuré, échafaudant avec ses hommes un plan de fuite. C’est pourtant à la fin de cette même séquence que nous est présenté le personnage principal du film (un jeune surfeur canadien en quête d’exotisme), et avec lui son ancrage dans la fiction pure. C’est à travers lui que le récit du film va s’incarner.
Film scindé en deux temps, pour ne pas dire à deux vitesses, Escobar se présente dans sa première heure (de loin la plus convenue, aussi sa plus faible) comme un récit d’initiation dans sa forme la plus élémentaire (éveil à l’amour, à la vie... jusqu’aux désillusions fatales) à travers lequel on suit Nick s’empêtrant dans l’engrenage de la violence et du crime. D’abord séduit par le luxe et le pouvoir opulents s’offrant à lui, il trouve rapidement en Escobar une improbable figure paternelle. Si Benicio Del Toro fascine comme on pouvait s’y attendre en Escobar, tour à tour charismatique et dangereux, le film peine à convaincre complètement et fait preuve de quelques invraisemblances (Nick ne sachant pas ce que fait Escobar, ce dernier l’invitant à vivre dans son palace sans une once de méfiance, etc.) et enchaînements laborieux au niveau de la narration. Si ces défaut nuisent au rythme de l’ensemble, il s’opère toutefois dans la deuxième heure un dérèglement inattendu dans la mise en scène. À l’instar de Nick se rebellant contre l’oppressante autorité d’Escobar et cherchant à fuir le pays (Escobar ayant toutes les autorités sous son emprise), le film trouve le souffle inspiré et nerveux d’une chasse à l’homme sous haute tension et à l’issue incertaine. Il se réinvente alors en un thriller haletant dans lequel le jeune Josh Hutcherson (Hunger Games) se dévoile plus fin et subtil qu’on ne l’aurait cru…
Un premier film finalement inégal mais captivant.
 

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