Les Nouveaux Sauvages / Wild Tales  (Relatos Salvajes) **½

13 mars 2015

Film à sketchs où diverses personnes contrariées perdent la tête. Les passagers d'un avion se découvrent un étrange point en commun; le désir de vengeance d’une serveuse qui reconnaît l’homme qui a ruiné ses parents; l'affrontement entre deux automobilistes sur une route déserte; les déboires d’un homme qui refuse de payer sa contravention; un bourgeois demande à son jardinier d’endosser le crime de son fils; un mariage gâché par l’aveu d’une infidélité.

Réalisateur : Damián Szifrón. | Dans les salles du Québec le 13 mars 2015 (Métropole Films)

En compétition à Cannes et aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, Les nouveaux sauvages avait de quoi piquer notre curiosité, ne serait-ce que par son sujet: la perte de contrôle ou comment un individu sous pression peut succomber à ses plus bas instincts. Malheureusement, l’ensemble manque de cohésion. Les trois premiers sketchs flirtent avec le cinéma de genre, voire avec la série B, alors que les trois derniers se veulent plus réalistes et dramatiques (tout en continuant le jeu de massacre, ce qui a pour effet de créer une rupture de ton parfois maladroite).
Dans la mesure où l’ambition du film se résume à montrer le coté puéril de l’être humain, une évolution du drame vers la comédie aurait été plus appropriée. En ce sens, le premier volet de chaque segment s’avère plus réussi : celui de l’avion, où la montée dramatique s’accommode fort bien de l’invraisemblance de la situation ainsi que le sketch de la contravention où l’effet domino réserve quelques moments forts. Le reste est inégal. Le récit de la serveuse et du malfrat s’apparente à un épisode de la série « Alfred Hitchcock présente », l’escalade de la violence entre les deux automobilistes s’étire en longueur alors que l’histoire du père qui monnaye la liberté de son fils méritait une fin plus élaborée. Quant au mariage qui vire au cauchemar, il illustre bien la bêtise humaine sans se départir de ce coté laborieux qui caractérise le film.
Il faut néanmoins rendre justice à la mise en scène qui insuffle une énergie certaine aux situations et camoufle, autant que faire se peut, une écriture un peu facile.
 

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