Le dep ***

7 août 2015

Un soir, alors qu’elle tient le dépanneur de son père (Marco Collin), Lydia (Eve Ringuette) est surprise par un voleur cagoulé (Charles Buckell-Robertson) qui exige le contenu de la caisse et du coffre-fort. Lorsque Lydia reconnaît son agresseur, un bras de fer s’engage entre eux.

Réalisatrice : Sonia Bonspille Boileau | Dans les salles du Québec le 7 août (K-Films)

À partir d’une prémisse simple (le braquage d’un dépanneur) Sonia Bonspille Boileau aborde de front les problèmes qui touchent les communautés autochtones sans verser dans le folklore ou l’apitoiement. Elle campe son intrigue dans un lieu ordinaire, culturellement neutre, afin de nous montrer un visage moderne des Amérindiens sans négliger pour autant le passé, ni l’identité. De fait, Lydia (Eve Ringuette) est une belle jeune fille sérieuse, mais qui a dû faire des choix déchirants pour garder son intégrité. Quand au dépanneur, il symbolise la réussite professionnelle et sociale de son père après des années de misère. C’est dans ce contexte que le drame se tisse et que les protagonistes s’affrontent, chacun partageant une vision différente d’une même réalité.
Bien entendu, on comprend vite que le braquage est un prétexte à parler des problématiques que vivent les communautés autochtones. Le suspense est secondaire et c’est tant mieux car l’intérêt est ailleurs. On découvre peu à peu le passé de ces deux personnages et la tragédie qui les lie. La réalisatrice fait aussi intervenir d’autres protagonistes, comme Jérôme (Yann England) le copain de Lydia qui n’est pas d’origine autochtone ou encore Régis (Robert-Pierre Coté) un client sympathique mais visiblement malheureux qui complète un échantillon d’humanité peinte en demi-teinte.
Le dep demeure cependant un premier long-métrage de fiction (bénéficiant d’un micro-budget) imparfait. L’histoire est redondante par moment et si les deux comédiens principaux sont convaincants, les autres semblent plaqués sur le récit et leur interprétation en souffre. Il faut aussi mentionner la musique d’ambiance trop insistante qui donne au film l’impression de s’inscrire dans un registre commercial, ce qui n’est pas vraiment le cas. Malgré ces quelques faiblesses, Sonia Bonspille Boileau a concocté une œuvre qui a du cœur et un propos nuancé.
 

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