Trois souvenirs de ma jeunesse ***½

16 octobre 2015

Film vu dans le cadre du FNC 2015

Un homme (Mathieu Amalric) se remémore son enfance difficile auprès de sa mère, un séjour à l’étranger pendant son adolescence et son premier grand amour.

Réalisateur : Arnaud Desplechin | Dans les salles du Québec le 16 octobre 2015 (FunFilm)

Après avoir signé ses deux meilleurs films en carrière (Rois et reine, Un conte de Noël), le cinéaste français Arnaud Desplechin a frappé un mur créatif avec son moins abouti Jimmy P. Il a visiblement réagi à cette œuvre mésestimée en revisitant ses créations antérieures!
Suite à une introduction en bas âge qui fait écho au cinéma de Louis Malle et à un très réussi second épisode plus politisé qui semble tout droit provenir de La sentinelle, c’est l’histoire d’amour, déjà abordée dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) et Esther Kahn qui prend toute la place. On y retrouve d’ailleurs pratiquement les mêmes personnages : un homme issu d’une famille dysfonctionnelle qui est partagé entre ses études à Paris et son béguin compliqué pour une fille de sa région.
La romance est au centre des préoccupations du cinéaste, mais pas nécessairement de la façon attendue. Certes, les corps fusionnent et se repoussent, essayant d’autres semblables pour mieux revenir ensemble, mais si cette union insolite sonne si juste, ce n’est pas seulement grâce aux interprètes (Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet sont deux véritables révélations dans les rôles principaux). Le réalisateur a pris le pari de revisiter ses souvenirs en les fantasmant. En se référant constamment à l’Odyssée d’Homère, Desplechin revit des moments importants de son alter ego en les arrangeant à sa guise, créant au passage un véritable acte de résistance (le segment en Russie) et une union éternelle aussi cruelle que délicieuse à regarder.
Cela fait de Trois souvenirs de ma jeunesse une des plus belles histoires d’amour de l’année. Un peu long et répétitif, le récit n’en demeure pas moins d’une délicatesse rare dans sa façon de mélanger légèreté et gravité, passion et liberté. De quoi repositionner son créateur en haut de l’échiquier en attendant quelque chose d’encore plus éblouissant.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***½
Jean-Marie Lanlo: **
Sami Gnaba : ****
Olivier Bouchard : ****
Sébastien Veilleux: **½
 

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