Legend (Légende) **

4 décembre 2015

Ronny et Reggie Kay (Tom Hardy) sont des frères jumeaux qui ont gravi les échelons du monde criminel dans les années 60 à Londres. L’un était schizophrène et incontrôlable tandis que l’autre, plus mesuré, veillait au bon fonctionnement des affaires.

Réalisateur : Brian Helgeland | Dans les salles du Québec le 4 décembre 2015 (Remstar)

Les films de gangsters ont une place particulière au panthéon du septième art et il est tentant pour un réalisateur de s’inscrire dans cette lignée de classiques indémodables qui émerveillent encore et toujours de nouvelles générations de cinéphiles. Mais disons-le tout de suite: Legend n’a rien à voir avec The Godfather, Scarface ou Goodfellas, bien qu’il emprunte à ce dernier moult procédés dont la voix off qui relate, sur un ton badin, les hauts et les bas de la vie de mafioso, de même que ses excès de violence gratuite.
Si on reconnaît l’influence de Martin Scorsese, on ne peut s’empêcher d’y déceler également une touche de Guy Ritchie avec sa cohorte de loubards londoniens caricaturés à outrance. Oscillant entre le drame et la comédie en permanence, le film ne trouve pas son rythme et se noie plutôt dans une surenchère d’anecdotes qui nous sont livrées en vrac, sans véritable mise en situation, de sorte que nous peinons à mesurer le parcours et l’importance de ces deux criminels notoires.
La relation amoureuse entre Ronny et Frances (Emily Browning) reste cependant la principale faiblesse du long-métrage. Non seulement cette idylle plutôt banale sert de fil conducteur au récit, mais elle souligne par de gros traits les nombreux raccourcis auxquels le scénario a recours (c’est la voix off de Frances qui ponctue l’histoire), un défaut incompréhensible de la part du scénariste qui nous a offert entre autres Mystic River et L.A. Confidential, des adaptations beaucoup plus ambitieuses et complexes sur le plan narratif.
Il reste la présence à l’écran de Tom Hardy, toujours aussi charismatique. Son Ronny possède le flegme et la force tranquille qu’on aime retrouver chez un gangster, mais l’acteur en fait des tonnes quand vient le temps d’incarner Reggie, son frère schizophrène. Il mâche tellement ses mots que nous avons de la difficulté à le comprendre et surtout à croire à son personnage. Malgré une distribution prestigieuse et un effort de reconstitution appréciable, Legend ne passera pas à l’histoire.
L'avis de la rédaction :

Sébastien Veilleux: **
Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: **
Miryam Charles: *½
 

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