Wiener-Dog ***½

22 juillet 2016

Quatre récits de solitudes sont liés plus ou moins artificiellement par la présence d’un chien-saucisse.

Réalisateur : Todd Solondz | Dans les salles du Québec le 22 juillet (Métropole Film)

Un film à sketches est un pari risqué. Sans trame narrative unifiée, chaque nouvelle histoire nous introduit en effet dans un univers où il faut repartir à neuf. Avec Wiener-Dog, Todd Solondz utilise un teckel pour lier quatre histoires loufoques qui, de prime abord, n’ont rien à voir. Le chien perd progressivement de l’importance pour n’être que décoration dans des récits de solitude a priori froids mais révélant une étonnante humanité.
Divisé en deux moitiés distinctes (un entracte musical fait office de rupture claire dans le récit) qui comportent chacune deux histoires, le film est une réussite grâce aux deux segments finaux. La première histoire ne fonctionne pas comme il faudrait et la suite immédiate est irrégulière (surtout en n’utilisant pas Greta Gerwig à son plein potentiel), mais mène au premier moment transcendant du film. Lorsque le scénario admet que le chien n’est qu’un mécanisme narratif, nous pouvons en effet nous concentrer sur les humains et leurs désirs. Ces individus, à différentes étapes de leurs vies, continuent sans cesse de chercher un semblant de raison d’être et le chien sert souvent de pansement à ces anxiétés. Malgré un certain cynisme, le scénariste (également Solondz) dissimule des moments touchants de vulnérabilité sincère qui révèlent la lutte quotidienne de chacun de ses protagonistes.
L’histoire la plus réussie est aussi la plus simple: un enseignant universitaire vieillissant (Danny DeVito) se sent seul et sombre lentement dans le désespoir. La performance de DeVito crée un mélange d’humour et de profonde solitude qui sert de clé pour comprendre l’ensemble de l’œuvre et représente avec justesse le ton que vise Solondz.
L’ensemble des acteurs offre une variété de petits rôles intéressants qui ont tous droit à leur moment, plus particulièrement les duos d’Ellen Burstyn & Zosia Mamet et Kieran Culkin & Connor Long. Les performances plus difficiles à avaler se retrouvent heureusement en première partie, lorsque Julie Delpy & Keaton Nigel Cooke ont des discussions plus ou moins naturelles sur les dures réalités de la vie. 
Il suffitt simplement de passer par-dessus cette ouverture rocailleuse pour accéder au modeste trésor qu’est Wiener-Dog.
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: ***½
Jean-Marie Lanlo: ***
Martin Gignac: ***½
 

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