Mes nuits feront écho ***½

13 janvier 2017

Trois êtres d'âge et de pays différents envisagent le voyage pour secouer leur existence vacillante.

Réalisatrice : Sophie Goyette | Dans les salles du Québec le 13 janvier 2016. (La Distributrice de films)

Il y a dans ce premier long métrage de Sophie Goyette une idée claire du cinéma. Celle que l'image, le son, le silence et l'émerveillement prennent le dessus sur un schéma narratif classique. L’osmose entre ces composantes d'une foudroyante beauté dont parvient à créer une riche poésie qui déferle allègrement. Entre le réel et le rêve, la lumière et le clair-obscur, la cinéaste à la feuille de route plus qu'enviable au registre des courts métrages traite de sujets nécessaires - l'art, la mémoire, la fuite, le deuil - sans jamais abandonner ses personnages en cours de la route.
Ils seront d'ailleurs transformés par des périples initiatiques salvateurs qui permettront d'en savoir davantage sur les autres et sur soi. Les fils liant les destins peuvent paraître ténus, mais c'est pour mieux mettre en évidence cette difficulté à communiquer et à nouer des liens. Pas surprenant alors d'être un peu décontenancé par les niveaux de langages utilisés, qui semblera précieux et ampoulé pour certaines oreilles. La réalité est légèrement décalée, ce qui finit par créer une musique propre aux âmes pour qui l'aspect sonore est parfois plus important que les mots eux-mêmes.
Baignant dans une douce mélancolie, Mes nuits feront écho est propice à l'introspection et à la méditation contemplative qui dissout toutes les frontières. Il faudra peut-être un certain temps pour bien trouver ses aises dans cet univers particulier, authentique et éminemment personnel, mais celui-ci finit par toucher et émouvoir. Cette plongée onirique permet d'errer, de voyage, de se retrouver... et surtout d'envisager le septième art comme un tout, capable de poésie et de beauté, avec cette prise de risque qui fait parfois défaut au Québec. Plein de bonnes raisons pour inscrire le film auprès du Météore de François Delisle comme l'objet le plus singulier à émaner de la Belle Province ces dernières années.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac : ***½
Jean-Marie Lanlo: ***
 

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