Detroit (Détroit) ****

4 août 2017

À l’été 1967, la ville de Détroit est secouée par des émeutes qui sont centrées sur une grande rue. Alors que la tension monte, une opération policière brutale dans un petit motel du quartier entraîne la mort de quelques innocents.

Réalisateur: Kathryn Bigelow | Dans les salles du Québec le 4 août 2017 (Les Films Séville)

Après l’Oscarisé The Hurt Locker et l’excellent Zero Dark Thirty, la réalisatrice Kathryn Bigelow fait de nouveau équipe avec le scénariste Mark Boal avec ce drame de mœurs qui relate des événements tragiques survenus il y a 50 ans dans la principale ville de l’État de Michigan.
Dès les premiers instants, la cinéaste nous plonge dans le vif de l’action lorsque des émeutes éclatent à la suite d’une intervention policière. La réalisation habile et le montage tendu entraînent le spectateur dans ce désordre social comme s’il était un témoin oculaire des événements tumultueux qui se déroulent à l’écran. On se croirait dans la finale chaotique de Do the Right Thing de Spike Lee alors que le film bifurque légèrement dans le film choral en s’intéressant au sort de quelques individus dans la première partie du film.
En seconde partie, la cinéaste s’éloigne de son sujet principal (les tensions raciales reliées aux émeutes) et ose prendre un virage sur les chapeaux de roues lors d’une longue séquence de séquestration dans un motel mené par un jeune policier raciste (Will Poulter, sidérant). C’est dans cette large portion en forme de huis clos que la cinéaste nous démontre toutes les facettes de son talent. Presque insoutenable et à la limite des codes du cinéma d’horreur, Detroit atteint des sommets d’intensité et de savoir-faire.
Au final, Detroit risque d’en décevoir plus d’un, car il n’est pas le drame social tant attendu sur l’une des trois plus importantes émeutes de l’histoire des États-Unis. On peut aussi reprocher à la cinéaste d’être un brin manipulatrice et manichéenne dans sa démonstration et la séquence du procès est beaucoup moins réussie que ce qui précède. En revanche, peu de cinéastes peuvent se vanter aujourd’hui de filmer avec autant de brio que la cinéaste de 65 ans.

L'avis de la rédaction :

Pascal Grenier: ****
Jean-Marie Lanlo: ***
Martin Gignac: ****
Olivier Maltais: ***½
 

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