Three Billboards outside Ebbing, Missouri (Trois affiches tout près d’Ebbing, Missouri) ***½

22 novembre 2017

Insatisfaite de l’enquête policière sur le meurtre de sa fille, une femme endurcie décide de faire bouger les choses en louant trois immenses panneaux publicitaires sur la route menant à la ville d’Ebbing. Remettant en cause le travail du shérif, ce geste controversé entraîne une série d’événements et de bouleversements dans la petite ville du Missouri.

Réalisateur: Martin McDonagh | Dans les salles du Québec le 22 novembre 2017 (Twentieth Century Fox)

Le réalisateur d’In Bruges revient en bonne forme après son décevant Seven Psychopaths (une tarantinerie parmi tant d’autres) avec ce troisième film dont les deux principaux thèmes sont la vengeance et le rachat. Aussi détonnant que réussi dans son ensemble et lorgnant davantage du côté des frères Coen dans sa peinture sociale (quoique moins réaliste et plus absurde) d’une Amérique conformiste de cette ville fictive aux accents racistes. Avec son humour caustique, Three Billboards outside Ebbing, Missouri va de surprise en surprise et prend beaucoup de risques au niveau des ruptures de ton et des nombreux rebondissements. Il joue assez habilement avec les codes du cinéma de genre, et fonctionne aussi bien comme thriller dramatique que comme comédie noire.
L’excellente Frances McDormand (dans son plus beau rôle à l’écran depuis Fargo) domine le film par sa présence essentielle. Elle incarne à la fois une femme forte et déterminée qui se révèle aussi désemparée que vulnérable. Cependant, McDonagh n’en a pas que pour son antihéroïne. Il offre une part importante à une panoplie de personnages colorés notamment incarnés par Woody Harrelson et Sam Rockwell qui partagent la tête d’affiche.
Même si ce film est moins bavard que les deux précédents, le réalisateur britannique aime écrire des dialogues intelligents dont l’humour mordant se marie bien avec les situations tantôt cocasses tantôt dramatiques de l’intrigue. On peut cependant regretter l’abus de certaines coïncidences dans le déroulement du récit ou l’apparition soudaine d’un capitaine de police noir (Clarke Peters). Bien qu’il représente le stéréotype de l’étranger dans cette petite communauté, il va ramener à l’ordre le flic raciste et demeuré (Sam Rockwell, très nuancé), et sera un élément catalyseur dans sa quête de rachat.
Ces bémols ne minent cependant guère les qualités de ce film culotté qui sort de l’ordinaire dans le paysage du cinéma américain indépendant.
L'avis de la rédaction :

Pascal Grenier: ***½
Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***½
Olivier Boucard: ***
 

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