16 février 2018

All You Can Eat Bouddha ***

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Au El Palacio, un petit hôtel à la formule «tout inclus» dans les Caraïbes, l'arrivée d'un homme corpulent à l’appétit vorace vient perturber les autres touristes, de même que les membres du personnel et le flux normal des opérations.

Réalisateur: Ian Lagarde | Dans les salles du Québec le 16 février 2018 (Funfilm Distribution)

Pour son premier long métrage, le montréalais Ian Lagarde propose une œuvre surréaliste et fort singulière. Dès les premières images, on est saisi par ce film envoûtant et fantaisiste qui prend le risque de nous surprendre tout au long de son récit. Parfois morcelé, souvent drôle et volontairement étrange, le film incite le spectateur à se laisser bercer par cette quête spirituelle et le charme mystérieux de cet homme imposant dont on connaît peu de choses. Souvent cantonné dans des rôles mineurs ou secondaires, le français Ludovic Berthillot (Le roi de l’évasion d’Alain Guiraudie) est parfait dans ce rôle d’un homme qui développe un étrange pouvoir de guérison et sème autant l’émoi que l’admiration de son entourage.
Lagarde, qui a notamment été directeur photo chez Denis Côté pour Vic + Flo ont vu un ours, livre ici un travail colossal sur la forme et certaines images possèdent un souffle poétique implacable. Nous avons certes parfois l’impression que le réalisateur a envie de faire étrange dans le simple but d’être délibérément étrange, mais la confiance qu'il porte à son univers pour réaliser ce premier film aussi audacieux que maîtrisé formellement en impose!
Au final, All You Can Eat Bouddha ne ressemble à rien d'autre ou presque... et c’est tant mieux. Qu’on embarque ou pas dans cet étrange voyage dépendra probablement de la sensibilité de chacun à se laisser porter par cet univers aux relents oniriques.
On sort de cette spirale gargantuesque aux mille et un repas avec des images plein la tête.
L'avis de la rédaction :

Pascal Grenier: ***
Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***
Ambre Sachet: *½
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