1 février 2018

Hors de nulle part / In The Fade (Aus dem Nichts) **

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Katja Sekerci (Diane Kruger) est l’épouse de Nuri  un ancien trafiquant reconverti en chef d’entreprise  et la mère de Rocco. Lorsque les deux amours de sa vie sont tués dans un attentat à la bombe perpétré par un couple néonazi, sa vie s’écroule. Le système judiciaire étant inefficace, Katja décide de prendre les choses en mains!

Réalisateur: Fatih Akin | Dans les salles du Québec le 2 février 2018 (Métropole)

Sur le papier, les amateurs du cinéma de Fatih Akin ont de quoi être ravis puisque le réalisateur nous offre trois films en un. Malheureusement, les réjouissances s’arrêtent là!
Le premier tiers (le drame pur) ne convainc pas vraiment. Alors que la situation vécue par Katja peut difficilement être plus douloureuse, Akin passe à côté de cette souffrance à force de vouloir en rajouter. Non seulement le trop-plein finit par étouffer la douleur, mais il est de plus incapable de faire ressentir par la force de son cinéma l’état de choc vécu par son héroïne. Il se contente de filmer Kruger (irréprochable) avec une insistance presque indécente.
L’arrivée du second tiers (le film de procès) laisse certains espoirs, eux aussi rapidement déçus. Une nouvelle fois peu inspiré au niveau de la mise en scène, Akin semble bâcler cette partie, réduite à jouer les utilités en apportant au film un élément narratif essentiel: les méchants ne sont pas condamnés par la justice!
Vient alors le temps de la troisième partie (le film de vengeance). Fidèle à la logique du film, la mise en scène est incapable de faire ressentir la moindre tension, la moindre urgence, la moindre haine qui pousse cette femme meurtrie vers la déraison. Akin essaie bien de s’appuyer sur la musique ou se  raccroche comme il peut au visage de Diane Kruger, mais sans succès. Il ne parvient pas non plus à donner à son film la force cinématographique d’un film de genre maîtrisé. Il se contente de rester sur une voie incertaine qui se termine sur une impasse idéologique contredisant son propre film.
Heureusement, même en passant à côté de ce faible Aus dem Nichts (pourtant auréolé il y a peu d’un Golden Globe), Akin conserve un petit zeste de talent dans sa manière de filmer certains plans. Cela permet à son film de ne pas totalement basculer vers le nanar prétentieux…
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: **½
Ambre Sachet: *½
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