Notre jour viendra ***½

25 novembre 2011

Film vu dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma

Patrick (Vincent Cassel) et Rémy (Olivier Barthelemy), qu’a priori tout oppose, ont pourtant un point commun qui les marginalise aux yeux de la société : ils sont roux. Pour se débarrasser de tous les cons qui les persécutent, ils ne voient qu’une solution : rejoindre la Terre Promise, le pays des Hommes roux… l’Irlande!

Réalisateur : Romain Gavras | En salles le 25 novembre 2011 (Remstar)

Regarder Notre jour viendra au premier degré, c’est prendre le risque de n’y voir qu’un film provocateur dans lequel deux rouquins pètent progressivement les plombs et prennent les armes pour arriver coûte que coûte en terre promise. Le voir comme une sorte de fable politique est bien plus intéressant. En remplaçant une minorité ethnique, religieuse ou culturelle par la « minorité visible » des rouquins, Romain Gavras a une idée géniale. Il y démontre par l’absurde comment le refuge dans le communautarisme peut pousser à la compétition victimaire (le personnage de Vincent Cassel dit à un juif : « Nous aussi avons toujours souffert… mais nous n’avons ni langue, ni pays! »), à l’aveuglement paranoïaque (tous ceux qui sont différents deviennent ennemis) et aux délires chimériques (la révélation d’Olivier Barthelemy : rejoindre l’Irlande, donc les siens). Il en dit long également sur le mal-être de notre époque, où le vivre-ensemble semble devenir de plus en plus un fantasme. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, Notre jour viendra, réflexion qui n’en a jamais l’air, ne nous fait jamais la leçon, ne se prend jamais au sérieux et n’a pas peur d’user intelligemment d’une provocation nihiliste qui le rend passionnant.
Si l’écriture laisse parfois transparaître quelques faiblesses, elles sont largement compensées par le talent évident de faiseur d’image de Romain Gavras, une prestation magistrale de Vincent Cassel, et, surtout, une réflexion passionnante sur l’état de la société!
 

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