L’homme qui voulait vivre sa vie ** / ***½

4 novembre 2011

Paul Exben (Romain Duris), avocat à l’avenir prometteur, marié et père de deux enfants, tue l’amant (Eric Ruf) de sa femme Sarah (Marina Foïs) et usurpe son identité. Il quitte alors Paris pour se retrouver photojournaliste en Hongrie et enfin vivre la vie dont il rêvait.

Réalisateur : Éric Lartigau | En salles le 4 novembre 2011 (Métropole Films Distribution)

**
Adaptation du best-seller The Big Picture de l’auteur américain Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vie raconte de façon convenue et linéaire l’histoire d’un homme en pleine quête d’identité. Dans la première partie du film, peut-être un peu longue, Anne (Catherine Deneuve), atteinte d’une mystérieuse maladie incurable, offre à Paul la direction du cabinet d’avocats où il travaille. Photographe à ses heures, celui-ci est troublé d’apprendre que Sarah lui demande le divorce afin de rejoindre Greg Kremer, son rival qui a su prendre le risque de choisir la photo comme métier. Une confrontation s’ensuit, une mort, une opportunité de changer de vie, des rebondissements à peine crédibles, un cadavre transbahuté plusieurs fois, puis la deuxième partie en Hongrie où le personnage principal se fait engager comme photojournaliste et offrir des expositions sans même faire d’efforts.
Le long métrage repose surtout sur les épaules de Romain Duris qui réussit à faire passer toute une gamme d’émotions bien qu’il soit souvent seul en scène, face à lui-même. Quant à l’histoire, elle semble se perdre dans une longue suite de situations insolites alors que certains personnages, ainsi que leur relation avec Paul, auraient gagné à être mieux développés.


Mais L'homme qui voulait vivre sa vie divise cinéfilic...

***½
Éric Lartigau, qui semblait jusqu’à maintenant spécialisé dans la comédie, nous surprend en réalisant ce drame existentiel déguisé en thriller (à moins que ça ne soit l’inverse). Sa mise en scène précise, sobre et élégante (brillamment secondée par la très belle photo de Laurent Dailland) excelle dans la première partie (la disparition du corps) avant de nous entrainer efficacement vers une intrigue bien réglée qui ne cherche jamais à mener le spectateur en bateau (à l’exception de la scène finale du paquebot, justement, qui est plutôt bâclée). Romain Duris, en père de famille un peu naïf qui se croit heureux avant de se voir contraint de changer de vie malgré lui, parvient parfaitement à restituer les différentes étapes de l’évolution de son personnage (d’un petit confort programmé à un bonheur impossible). Pour ne rien gâcher, Niels Arestrup est une fois de plus magistral!
Jean-Marie Lanlo
 

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