Monsieur Lazhar ***½

28 octobre 2011

Film présenté dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma

Bachir Lazhar (Fellag), un algérien de 55 ans en attente d’un statut de réfugié politique au Canada, se fait passer pour un résident permanent pour combler un poste d’enseignant devenu vacant depuis le suicide de la titulaire d’une classe de sixième année. Entre choc des cultures et des méthodes d’enseignement, Monsieur Lazhar tentera d’aider ses élèves à faire leur deuil tout en étant hanté par le sien.

Réalisateur : Philippe Falardeau | En salles le 28 octobre 2011 (Les films Séville)

En décidant d’adapter la pièce d’Évelyne De la Chenelière, Philippe Falardeau a pris de grands risques, tant les écueils étaient nombreux : la nature même de l’adaptation (une pièce de théâtre, toujours difficile à traiter au cinéma), les sujets abordés (aussi variés que difficiles à aborder : l’immigration, l’école, le deuil) et la présence d’enfants (dont la direction n’est jamais aisée). Il s’en tire pourtant à merveille en raison d’une mise en scène sobre et d’une interprétation remarquables (Fellag d’une souffrance tout en retenue, Brigitte Poupart tout en fragilité et des enfants tous excellents) au service d’un scénario d’une grande finesse. Sans la moindre insistance, témoignant ainsi d’une grande confiance à l’égard des spectateurs, il se permet de livrer de belles pistes de réflexions sur l’évolution du système éducatif, l’aberration de certaines dérives surprotectrices envers les enfants, l’intégration, la puissance du non-dit, la différence ou la culpabilité.
Monsieur Lazhar, film intelligent à défaut d’être brillant, présente cependant parfois une vision un peu idéalisée de ses sujets (et du métier d’enseignant). Il n’en est pas moins, en raison des qualités évoquées plus haut, un film dont le succès public serait particulièrement réjouissant. On croise les doigts pour lui!
 

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