Alexandro Jodorowsky, Grand Rectum de l’Université de Foulosophie *½

16 mars 2012

En Mars 2001, Alexandro Jodorowsky est invité à Montréal par l’Université de Foulosophie, qui s’apprête à le nommer « Grand Rectum ».

Réalisateurs : Matthieu Bouchard et François Gourdorowsky | Dans les salles du Québec le 16 mars 2012 (Excentris)

Derrière ce titre à rallonge se cache un film qui n’a pas peur de partir dans tous les sens. En voici les principales orientations :
Tout d’abord, et c’est la moindre des choses, le film nous propose un rapide survol de la carrière d’Alexandro Jodorowsky. De ses débuts de mime aux côtés de Marcel Marceau à sa nouvelle passion pour la psychomagie, en passant par le surréalisme, ses innombrables rencontres, ses films, ses BD et sa personnalité hors norme, il y avait de quoi concocter un long métrage passionnant. Tout cela n’en représente malheureusement qu’une infime partie.
Le film n’étant pas consacré à Jodorowsky lui-même, mais à son intronisation au titre de Grand Rectum, nous ne lui en tiendrons pas trop rigueur, et c’est fort logiquement qu’une part non négligeable est consacrée à la foulosophie. De manifestations scéniques à une présentation de la discipline par le « Rectum » de l’Université de Foulosophie en personne (François Gourd, rebaptisé pour l’occasion Gourdorowsky...), nous finissons par en savoir un peu plus sur cette matière bien mystérieuse (qui pourrait se résumer, pour faire simple, à « la folie nous libère et rend heureux »). Si tous les spectateurs ne seront probablement pas convaincus par la discipline, elle a au moins le mérite d’être divertissante…
Ce n’est malheureusement pas le cas du dernier aspect du film. Si nous étions méchants, nous pourrions même aller jusqu’à le comparer à un film de vacances dont nous aurions envie de nommer les différentes parties ainsi: « Alexandro à l’aéroport », « Alexandro donne une conférence », « Alexandro mange avec ses nouveaux amis », « Alexandro passe à la télé », « Alexandro tire les cartes », etc. D’un intérêt d’abord limité, elles nous permettent progressivement de voir le libre penseur que nous aimons, disparaître pour se transformer devant nos yeux attristés en une sorte de maître vénéré comme un Dieu… à moins que ce ne soit en une sorte de gourou capable de soigner ses disciples d’un tour de psychomagie, pour leur plus grand plaisir. Attroupés comme du bétail, ces groupies nouveau genre le dévorent béatement des yeux, submergés par le bonheur infini procuré par la fierté d’avoir abandonné la pensée unique… au profit d’une pensée commune. Est-ce vraiment mieux?
Si vous préférez à tout cela la vraie liberté, l’absence de dogme ou si vous souhaitez tout simplement retrouver la poésie métaphysique et le génie jodorowskien, nous vous conseillons de fuir cette coquille vide en forme de rassemblement de faux originaux pour vous enfermer un week-end avec El Topo, La montagne sacrée ou Santa Sangre. L’expérience sera peut-être moins foulosophique, mais probablement beaucoup plus excitante!
 

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