One Life ***

23 mars 2012

Michael Gunton et Martha Holmes parcourent le monde et nous proposent de suivre différentes espèces et leurs façons d’affronter les étapes essentielles de la vie : la naissance et l’apprentissage sous le regard protecteur des parents, la lutte pour se nourrir ou survivre aux prédateurs, et enfin la recherche d’un partenaire sexuel.

Réalisateurs : Michael Gunton et Martha Holmes | Dans les salles du Québec le 23 mars (Alliance Vivafilm)

Commençons par l’évidence : One Life est visuellement splendide. Cette production BBC Earth nous offre en effet des images d’une beauté à couper le souffle qui parviennent toujours à s’adapter avec force à leurs sujets. D’un large plan aérien au gros plan sur un regard (on a parfois envie de dire un visage… même si nous parlons du monde animal), Michael Gunton et Martha Holmes parviennent souvent à trouver une approche juste et efficace (ils réussissent même à nous faire ressentir l’angoisse de la mouche prisonnière d’une plante carnivore!). Cet aspect du film mérite à lui seul le déplacement dans une salle de cinéma.
Malheureusement, la bande son est loin d’être à la hauteur. Si la musique (signée George Fenton) est composée avec un talent évident, elle finit par prendre trop de place, comme si elle était là pour prendre le dessus sur l’image, plus que pour en renforcer la puissance. Cette critique seule n’aurait peut-être été qu’un détail mais lorsqu’on y ajoute une narration contestable, cela commence à faire beaucoup. Si Daniel Craig est un narrateur très convaincant, le texte qu’on lui fait lire l’est beaucoup moins. Progressivement, au gré des exemples, il prend des allures de cours de morale douteux en nous conseillant de prendre en exemple les valeurs indispensables à la survie de l’animal à l’état de nature : la persévérance, la ruse, le courage… pourquoi pas! Mais d'autres aspects sont plus gênants : l’omniprésence du rôle de la famille (la mère pieuvre qui meurt pour donner la vie, le guépard qui chasse avec ses frères, la grand-mère éléphant qui vient sauver son petit-fils d’une mort certaine en raison de l’inexpérience de sa mère), le respect des puissants (seul les macaques de sang noble peuvent se baigner dans l’eau chaude… les autres doivent rester à l’extérieur) et l’inutilité des plus faibles (seuls les plus forts peuvent se reproduire, seuls les plus habiles peuvent survivre aux prédateurs…). Bien sûr, tout cela fait partie du monde animal et est probablement nécessaire à sa survie. Mais lorsqu’on nous fait comprendre que l’homme, pour sauvegarder sa planètes et ses richesses infinies, ferait bien de prendre exemple sur les animaux, on a envie de demander jusqu’où? En refusant d’accorder la moindre importance aux plus faibles, sauf s’ils sont de notre famille ou de notre communauté? Pas très convaincant!
Malgré cela, nous avons tout de même envie de conseiller ce film en raison de ses images sublimes… à condition toutefois de s’y rendre avec une paire de bouchons d’oreilles en poche!
 

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