The Cabin in the Woods (La cabane dans les bois) **½

13 avril 2012

Des adolescents stéréotypés (l’allumeuse, la fille sérieuse, l’intello, le beau gosse sportif et l’amuseur abusant de substances prohibées) partent quelques jours dans un chalet perdu en pleine forêt. Mais ils ne sont finalement pas si isolés que cela puisque des scientifiques les épient. Peut-être ne sont-ils que de vulgaires pantins…

Réalisateur : Drew Goddard | Dans les salles du Québec le 13 avril 2012 (Alliance Vivafilm)

Si le point de départ est des plus classiques, le film est toutefois bien plus original (et bien plus futé) qu’il pourrait l’être. Les personnages sans surprises sont en effet observés et influencés par une équipe de scientifiques qui supervisent leurs faits et gestes. Cette idée intéressante permet d’inciter à la réflexion sur le rôle de voyeur du spectateur, mais aussi sur les codes des films d’horreur et les attitudes souvent idiotes des victimes. Cela permet aux scénaristes (Drew Goddard et Joss Whedon) de nous proposer quelques belles idées (par exemple, lorsque les ados commencent à faire face de façon intelligente aux situations périlleuses, ce sont les superviseurs qui les incitent à adopter des attitudes irréfléchies). Pourtant, tout cela ne fait en réalité que casser notre plaisir. Plus le film avance, plus nous avons en effet l’impression d’assister à deux films en un : une comédie (l’action des scientifiques) et un film d’horreur (les ados perdus au milieu de nulle part), trop distincts pour être compatibles. En faisant alterner scènes d’horreur (dans le chalet) et de comédie (dans la tour de contrôle), il provoque des ruptures de rythme qui nous éloignent du plaisir de l’horreur (basé sur une tension qui va crescendo) sans parvenir à élever le niveau du concept au-delà de l’intéressante prémisse.
À partir d’une idée intéressante, le film fait donc malheureusement un peu figure de pétard mouillé, jusqu’à une pirouette scénaristique réellement imprévisible (et pas désagréable) qui aboutit à une véritable orgie horrifique des plus plaisantes (osons même le terme jouissives). Malheureusement, une fois de plus, la bonne idée n’est pas assez exploitée et la mèche du pétard s’éteint avant d’avoir atteint son objectif.
Moralité : il ne suffit pas toujours de jouer au petit malin pour convaincre.
 

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