Total Recall (Total Recall – Mémoires programmées) *½

3 août 2012



Dans le futur, un homme (Colin Farrell) se fait implanter de nouveaux souvenirs. Lorsque l’opération tourne mal, il devient la cible d’êtres qui cherchent à l’éliminer.

Réalisateur : Len Wiseman | Dans les salles du Québec le 3 août 2012 (Sony Pictures)


Il y a beaucoup trop de remakes. Ça, tout le monde le sait. Sauf des producteurs hollywoodiens en mal d’idées originales qui s’amusent à tout ressortir.
Le dernier titre de la liste est Total Recall, cette superbe nouvelle – intitulée Souvenirs à vendre - de Philip K. Dick, que le vénérable cinéaste Paul Verhoeven avait mis en scène avec succès en 1990. Cette fois, Colin Farrell et Kate Beckinsale marchent dans les pas d’Arnold Schwarzenegger et de Sharon Stone. Déjà là, le bât blesse. Ces acteurs n’arrivent pas à faire oublier leurs prédécesseurs, au même titre que cette mouture qui privilégie l’action à la réflexion, les effets spéciaux à l’émerveillement pur et simple. Pour les tourments psychologiques et les questions existentielles, il faudra repasser.
Le scénario qui recycle sans imagination tous les éléments de la science-fiction (Asimov et Star Wars pour les robots, Blade Runner pour le visuel, etc.) et la réalisation routinière du tâcheron Len Wiseman (à qui l’on doit les deux premiers épisodes d’Underworld et le quatrième Die Hard) qui s’applique à recréer un jeu vidéo sans âme ni style ne sont pas là pour aider. Alors que chez le créateur de Robocop, le cinéphile se demandait constamment s’il était dans un rêve ou dans la réalité, ici il se retrouve en plein cauchemar, n’en revenant pas comment on peut traiter un sujet aussi ambitieux de façon aussi superficielle et ennuyeuse.
Il y aura toujours le spectateur peu demandant qui se dira que «c’est moins pire que ce qu’il pensait». En effet, le rythme essoufflant déplace beaucoup de poussière et la trame sonore emprunte – ou vole – des compositions au grand Hans Zimmer. Et c’est sans compter sur le retour de quelques clins d’œil salvateurs, dont cette femme à trois seins. D’autres diront que la trame narrative est beaucoup plus proche de celle de Dick, ce qui n’est pas faux. En effet, l’histoire respecte davantage les écrits en place. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il y avait autant de scènes musclées interchangeables et lassantes ou que l’on voyait aussi souvent le personnage de Kate Beckinsale (Ah oui, c’est son chum qui est derrière ce projet, alors c’est normal qu’elle soit omniprésente). Il faut croire que monsieur, en fonction de son curriculum vitae, était l’homme tout désigné pour offrir une autre superproduction vide de sens.
 

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