Cloud Atlas ***

26 octobre 2012

Six histoires se déroulant à des époques différentes auront des répercussions les unes sur les autres.

Réalisateurs : Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer | Dans les salles du Québec le 26 octobre 2012 (Warner Bros.)

On imagine déjà les critiques taper sur la tête de Cloud Atlas, ce grand film malade et délirant en forme de saga qui s’inspire d’un roman à succès. Avec son histoire à tiroirs qu’il ne faut surtout pas analyser, sa grandiloquence, sa prétention, sa propension à traiter avec symbolisme et philosophie des grands thèmes de l’existence, la grosse machine s’en va directement dans le mur.
Et c’est ce qui lui arrive. Du moins, en apparence. Il est aisé d’avoir la tête qui tourne devant cette longue montagne russe de 170 minutes qui fascine et irrite tout à la fois. Des comédiens connus (Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant, Hugo Weaving) incarnent plusieurs personnages mais pas toujours avec conviction, les maquillages risibles font amplement sourire, les dialogues pompeux se multiplient au passage, la romance vient jouer du coude à la réincarnation, etc.
Pourtant, en se retenant un peu de s’assoupir ou de quitter la salle, le spectateur finit par s’attacher à cet opéra rock qui va dans tous les sens. Les créateurs de la Matrix et le réalisateur de Cours, Lola, cours font équipe et le résultat ne peut que sortir de l’ordinaire. Pour le meilleur et pour le pire. Visuellement, l’effort est splendide, avec des effets spéciaux spectaculaires, un rythme admirablement soutenu et un montage décoiffant qui sera sans doute mis en nomination aux Oscars. Fidèle à son habitude, le trio s’amuse comme un groupe de petits garçons dans un carré de sable, alternant pratiquement tous les styles possibles et inimaginables (le film d’aventure, le drame amoureux et d’espionnage, la science-fiction qui touche ici des sommets…) avec une certaine virtuosité et beaucoup d’humour. On pense ici au récent Looper, mais de façon encore plus flamboyante.
Il est si facile de détester un trop long métrage comme Cloud Atlas. Ce serait pourtant injuste, comme l’étaient les pléiades de mauvais mots envers le plaisir coupable Speed Racer, le précédent joujou des Wachowski. Les amateurs du chef-d’œuvre maudit The Fountain et du mésestimé Southland Tales risquent d’y trouver leur compte. Les autres aussi, sans doute, mais à condition de mettre ses attentes et son cynisme sur la glace… et de vouloir jouer le jeu.
 

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