A Late Quartet **

30 novembre 2012

Un violoncelliste de concert (Christopher Walken), membre d’un quatuor à cordes, est atteint d’une maladie qui l’empêche de jouer. Cette nouvelle va créer des remous dans le groupe de musiciens auquel il appartient.

Réalisation :  Yaron Zilberman    | Dans les salles du Québec le 30 novembre 2012 (Métropole Films Distribution)

A Late Quartet, première réalisation de Yaron Zilberman, se situe dans la catégorie des films où tout doit obligatoirement avoir un sens. De ce fait,  les dialogues n’ont pas de portée autre que de livrer des informations à la fois utilitaires et pratiques à la compréhension du tout. Ainsi, lors de la scène du concert final, on sait exactement dans quel état d’esprit se trouve chacun des personnages. De plus, les situations ne sont pas habitées par les personnages. Ils subissent avec une certaine passivité les évènements sans pour autant nous donner l'impression que les conflits qui les habitent ont un impact sur leur existence (malgré leur état de crise perpétuelle). Si l’importance accordée à la musique est louable (le film souffre de ses honnêtes intentions), il y a cependant un manque flagrant de passion et d’énergie autant dans le fond (scénario en quête constant de sens) que dans la forme (montage inexpressif, photographie comme à la télé).
Plusieurs scènes sont bâclées et on a souvent du mal à croire que Philip Seymour Hoffman et Catherine Keener sont  des musiciens de renom.  Dans ce film où les dialogues sont rois (véritables cartes graphiques des états d’âme), aucune place n’est laissée à la réflexion de la mise en scène. Zilberman (également coscénariste) se repose sur ces mots et n’offre rien visuellement pour soutenir ses personnages aux comportements névrotiques. Le réalisateur aurait gagné à construire son rythme autour d’un seul personnage (une seule partition). Seul Christopher Walken survole le film en être digne de sagesse. Son personnage atteint d’une maladie qui l’empêche de poursuivre sa passion est de loin le plus intéressant du lot. Dans une scène où il raconte à ses élèves une prestation devant une de ses idoles, on a droit à un court moment de grâce. C’est déjà beaucoup mieux que rien.  
 

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