Anna Karenina (Anna Karénine) **½

30 novembre 2012

Dans l'aristocratie russe de la fin du XIXe, Anna Karenine (Keira Knightley) défie les règles et les codes moraux de la société en vivant ouvertement une passion amoureuse avec un autre homme (Aaron Taylor-Johnson) que son mari (Jude Law)

Réalisation : Joe Wright  | Dans les salles du Québec le 30 novembre 2012 (Alliance Vivafilm)

D’une premier avis, l’adaptation du roman de Léon Tolstoï émerveille (il est à classer parmi les films du temps des fêtes par excellence). Il est vrai que Joe Wright est passé maître dans la réalisation d’œuvres aux qualités visuelles de haut niveau (pensons à Atonment). D’ailleurs, une importance rigoureuse est accordée aux décors (quasi palpables) qui se métamorphosent sous nos yeux comme au théâtre.  La qualité artisanale de cette grosse production (arrières plans peints à la main, neige en papier, trains miniatures, jeux de tableaux et de lumières) est en contradiction avec la tendance cinématographique actuelle qui prône l'abondance des images de synthèse.
Au niveau des thèmes, le réalisateur fait le choix d’éluder la dimension politique du roman (dans le film elle est symbolisée par un seul personnage) pour laisser place à l’histoire d’amour entre Anna et le compte Brodsky.  Par ailleurs, cette histoire pleine de langueur (un peu trop) contamine quelque peu le récit et fait des personnages secondaires de simples témoins. Pour ceux qui ont lu le roman, le film devient une lente démonstration d’un processus intellectuel (l’effondrement de la raison) qui pousse une femme à se diriger vers une fin tragique. Toute progression semble figée, se cristallisant autour de ces deux êtres totalement possédés par l’amour. Joe Wright livre cependant un film abouti et il serait mal avisé d’en faire la critique en se basant sur une comparaison avec le roman de Tolstoï
Par contre, la proposition du réalisateur en terme de mise en scène, certes ambitieuse, comporte des failles. Comme spectateur, on aura peut-être l’impression d’assister à un prestigieux tour de magie: émerveillés par les mouvements abracadabrants du magicien, on oublie d’y regarder de plus près. Ce n’est pas de la poudre aux yeux, mais ça y ressemble drôlement.
 

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