Rouge Sang *½

1 février 2013

Fin 1799, dans une ferme isolée, une jeune canadienne française (Isabelle Guérard) s'apprête à passer la nuit seule avec ses enfants en attendant le retour de son mari pris dans une tempête de neige. Des soldats anglais lui demandent refuge. Petit à petit, elle les soupçonne d’avoir tué son époux!

Réalisateur: Martin Doepner | Dans les salles du Québec le 1er février 2013 (Atopia Distribution)

Rouge sang commence comme un film historique, pris avec de petits problèmes de rythme et des dialogues un peu laborieux. Fort heureusement, avec le départ du mari et l’arrivée de soldats anglais, une tension apparaît. Il manque certes la petite étincelle qui parviendrait à rendre palpable cette tension, mais le minimum est assuré en raison d’une mise en scène bien réglée et d’acteurs convaincants (Isabelle Guérard et Lothaire Bluteau en tête). Cela ne dure malheureusement qu’un temps. Les choses s’accélèrent en effet ensuite et le film prend les allures d’un film d’horreur qui hésiterait entre le réalisme et l’excès, entre le malaise et le fun et qui, tout en restant une tentative d’aborder le genre un peu plus satisfaisante que la (piètre) moyenne nationale, ne convainc pas vraiment.
Pourtant, cette demi réussite (ou ce ce demi-échec) semble secondaire. Nous retiendrons plutôt de Rouge Sang un message sous-jacent au goût particulièrement amer. Le film s’achève en effet par le constat que les canadiens français de la fin du 18e n’étaient pas très éloignés d’arriérés paranoïaques. Pendant ce temps, les soldats anglais prennent des allures de faux méchants qui ne sont en réalité que les victimes innocentes de ce manque de jugement. Si c’était pour en arriver là, l’argument historique était-il vraiment indispensable? N’aurait-il pas été préférable de prendre un point de départ plus anecdotique pour obtenir un thriller horrifique proche de ce Rouge Sang, mais dépouillé de toute connotation politico-culturelle aussi ambiguë que nauséabonde?
 

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