Le repenti (El Taaib) ***

10 mai 2013

Rachid (Nabil Asli) est un islamiste qui a pris le maquis dans l’Algérie ensanglantée des années 1990. Profitant de la loi de “Concorde civile” qui accorde une amnistie aux repentants, il donne l’impression de vouloir se refaire une place dans la société... à moins que le secret qu’il cache ne le mène sur une autre voie!

Réalisateur: Merzak Allouache | Dans les salles du Québec le 10 mai 2013 (K Films Amérique)

Le sujet traité, particulièrement intéressant (comment les habitants d’un pays peuvent-ils à nouveau vivre en paix après avoir connu une décennie aussi meurtrière?), est abordé de manière jamais insistante mais avec une grande clarté. Au-delà de son regard sur la société, Merzak Allouache parvient également à créer de manière convaincante un personnage plus naïf que méchant, que l’on imagine s’être laissé entrainer sans vraiment savoir où, et qui continue à se raccrocher à ce qu’il peut pour se donner une raison de vivre. D’autres qualités viennent compléter la liste : en plus des acteurs impeccables, la réalisation et l’usage d’une caméra à l’épaule très nerveuse parviennent à nous faire ressentir la tension et les difficultés de cette société qui peine à trouver la concorde civile promise par la loi.
Pourtant, l’ensemble n’est pas aussi bon que nous l’aurions souhaité. La faute en revient à des choix d’écriture très critiquables. En choisissant de ne pas nous rendre compte de deux dialogues (policier / repenti et pharmacien / repenti) dont l'un est essentiel, Merzak Allouache semble vouloir faire naitre un petit suspense inutile. Ce procédé a des conséquences désastreuses : il nous cache le rôle de chacun et nous empêche de comprendre les interactions entre les personnages, leurs ressentiments, leurs craintes, et finalement les tenants et les aboutissants de l’intrigue.
Nous n’aimons pas les cinéastes qui nous mâchent trop ostensiblement le travail en nous livrant le plus d’informations possible. Cependant, Merzak Allouache nous prouve que trop cacher peut parfois être aussi nuisible que trop en dire. La difficulté est de trouver le juste milieu. Au regard des indéniables qualités de son Repenti, nous ne pouvons que regretter qu’il n’y soit pas parvenu!
 

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