The Iceman **½

17 mai 2013

Richard Kuklinski (Michael Shannon) ressemble à l’illustration parfaite du rêve américain. Sa situation financière confortable lui permet d'offrir à sa magnifique femme (Winona Ryder) et à ses deux charmantes filles un train de vie agréable. Mais les femmes de sa vie ignorent la vérité. Le père de famille modèle cache en effet une activité certes lucrative mai peu recommandable: il est tueur à gages pour la mafia.

Réalisateur: Ariel Vromen | Dans les salles du Québec le 17 mai 2013 (Les Films Séville)

En prenant comme point de départ la vie de Richard Kuklinski, Ariel Vromen avait entre les mains un sujet certes difficile mais passionnant. Avec Michael Shannon au générique, il avait de surcroît l’interprète idéal pour le rôle. Le début du film confirme d’ailleurs nos espoirs. La photo et la mise en scènes soignées associées à la force brute de l’acteur nous plongent directement dans le vif du sujet. Pourtant, le plus délicat reste à venir: réussir à rendre crédible un personnage improbable. Le fait que Richard Kuklinski ait réellement existé n’y change rien. En devenant le sujet central d’un film de fiction, il devient personnage de fiction et doit obligatoirement être plausible pour que le spectateur adhère à son histoire. Ce n’est malheureusement pas le cas. Pris en tenaille entre les deux facettes de la personnalité complexe de son sujet, Ariel Vromen semble ne pas savoir comment l’aborder. Il tente même de glisser quelques pistes biographiques trop simplistes qui permettraient de comprendre sa personnalité mais qui donnent en réalité une désagréable impression de complaisance.
Le meilleur regard aurait probablement été un regard brut, sans émotion, celui d’un observateur qui cherche moins à comprendre qu’à restituer le plus crûment possible la personnalité d’un homme qui ne témoigne en réalité d’aucune trace d’humanité (d’ailleurs, ce qui ressemble à l’amour qu’il porte à sa famille relève plus de l’instinct de protection quasi animal).
Pas conséquent, ce qui devrait laisser au spectateur une impression de malaise se regarde comme un petit divertissement bien mené mais totalement inoffensif. C’est probablement la principale faiblesse du film. Si Ariel Vromen ne voulait pas déstabiliser le spectateur, il aurait mieux fait de choisir un autre sujet. Lorsque l’on souhaite se faire observateur de l’ignominie, il faut savoir s’en donner les moyens!
 

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