The Bling Ring ***½

21 juin 2013

La jeune et jolie Rebecca (l’excellente néophyte Katie Chang, que l’on espère revoir au plus vite), passionnée de mode, s’introduit en compagnie de ses amis dans les résidences de vedettes pour s’emparer d’argent ou de vêtements de luxe.

Réalisatrice: Sofia Coppola | Dans les salles du Québec le 21 juin 2013 (Les Films Séville)

Sofia Coppola est probablement la grande spécialiste de la vacuité. Après l’avoir analysée sous l’angle de l'excès (Marie Antoinette) et du néant (Somewhere), elle choisit ici de l’observer sous le signe de la transparence. Si ses jeunes protagonistes le sont (dans le sens d’insignifiants), tout ce qui les entoure l’est également, tant l’auto-Bigbrotherisation est omniprésente. Plus on est célèbre, moins on protège sa vie privée, celle-ci étant devenue la scène idéale pour forger son personnage. Paris Hilton (dont l’occupation principale est justement d’être célèbre) est l’exemple parfait de cette aberrante dérive de notre époque. En plus d’avoir été victime des cambriolages qui ont inspiré le film, elle a laissé Sofia Coppola filmer sa propre demeure, histoire de mettre son intimité une fois de plus à disposition de tous. Mais elle n’est pas la seule. Les vedettes ont un emploi du temps connu de tous, leurs adresses se trouvent d’un simple clic et certaines de leurs demeures (dont elles ne ferment que rarement les portes à clé), sont de véritables cubes de verres. Elles font ainsi de leurs quotidiens éloignés des vraies réalités de la vie un modèle à suivre pour une jeunesse qui voit en facebook l’outil lui permettant également de mettre en scène son triste quotidien. Ainsi, avec cette transparence bilatérale, ce sont les cloisonnements qui s’effondrent. La vie du quidam et celles des célébrités sont de plus en plus semblables, à tel point que pénétrer la vie privée de l’autre est plus vu comme un moyen de prendre part à cette célébrité (et de la partager) que comme un acte répréhensible.
Les jeunes de The Bling Ring sont donc des truands par bêtise. Ils ne réfléchissent pas, agissent vite et partagent leurs faits d’arme sans vraiment comprendre la gravité de leurs actes.
Sofia Coppola, en cinéaste pertinente, les filme comme ils sont. L’ensemble est donc très pop, très rapide et presque inconsistant. Mais c’est justement parce qu’elle parvient à se mettre à leur niveau qu’elle réussit à rendre crédible ces individus dont les préoccupations se résument à l’attrait pour la mode et à la quête de reconnaissance.
Une fois de plus, Sofia Coppola fait mouche... mais parviendra-t-elle encore longtemps à faire part de la vacuité sans y succomber elle même un jour? Plus elle avance, plus elle prend le risque de trébucher. Mais c’est peut-être justement pour cette prise de risque qu’on l’aime tant!
 

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