25 octobre 2013

Les beaux jours ***½

Caroline (Fanny Ardant) est une jeune retraitée, ancienne dentiste, qui ne sait pas comment remplir un emploi du temps devenu soudain trop vide. Lorsque ses filles lui offre un “forfait découverte” dans le club pour seniors “les beaux jours”, elle se retrouve au milieu de personnes avec qui elle ne se sent dans un premier temps aucun point commun. Par contre, le charme de son professeur d’informatique ne la laisse pas indifférente!

Réalisatrice: Marion Vernoux | Dans les salles du Québec le 25 octobre 2013 (Métropole Films Distribution)

A priori, Les beaux jours pourrait ressembler à un nouveau film mettant en scène des personnes âgées (après le teenage movie, le senior movie est en train de devenir un genre en soi). Très intelligemment, Marion Vernoux nous entraîne ailleurs et son scénario en fait une oeuvre bien plus universelle. Film sur le désir, sur le couple, sur la difficulté à aborder certaines étapes de la vie et sur le besoin de transcender (un temps) les règles pour comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure, Les beaux jours permet plusieurs lectures sans jamais en imposer aucune.
La mise en scène, tout en délicatesse, excelle dans l’art de filmer les corps (qui se désirent comme ceux des amants, ou qui apportent un réconfort mutuel comme ceux des époux), fait naître un climat parfois proche du polar en osmose parfait avec ce que vit son héroïne (la découverte de l’inconnu, la clandestinité d’une liaison) et contribue à faire des Beaux jours un retour réussi au cinéma pour Marion Vernoux, après l’échec commercial de À boire et les dix années d’inactivité cinématographique qui ont suivi.
Elle parvient de surcroit à s’entourer d’une distribution de rêve. Les trois rôles principaux sont impeccables (Fanny Ardant, en blonde, incarne un de ses plus beaux rôles; Laurent Laffite quitte son masque de Michel Leeb version playboy pour offrir une prestation exemplaire; Patrick Chesnais est fidèle à lui même: irréprochable) et sont complétés par des seconds rôle que l’on retrouve avec un immense plaisir (Jean-François Stevenin, Fanny Cottençon, Marie Rivière, Féodor Atkine, etc.).
Le résultat est donc un film particulièrement agréable, d’une grande intelligence et d’un bel optimisme sans jamais sombrer dans la mièvrerie. Il nous donne l’occasion de souhaiter à Marion Vernoux un bon retour au cinéma… et d’après ce qu’elle nous a dit il y a peu (lire notre entrevue), nous devrions la retrouver très vite. Et c’est tant mieux!

Lire également notre entrevue avec Marion Vernoux.
SHARE