Elle s'en va ***½

8 novembre 2013

S’offrant quelques jours sur la route pour réévaluer son existence, une femme (Catherine Deneuve) finira par se rapprocher de son petit-fils (Nemo Schiffman).

Réalisatrice : Emmanuelle Bercot | Dans les salles du Québec le 8 novembre 2013 (Métropole Films)

Depuis plusieurs années Catherine Deneuve joue toujours le même genre de personnages : la bourgeoise froide et hautaine, un brin inaccessible, qui est capable de remettre à sa place quiconque se dresse devant elle à l’aide d’une parole bien placée. Sa performance dans Elle s’en va arrive à point, rompant avec les stéréotypes d’usage, l’amenant finalement ailleurs.
Bien sûr, Catherine Deneuve demeure Catherine Deneuve et ce n’est pas en lui rajoutant des clopes qu’on la changera du tout au tout. Elle attire pourtant bien plus la sympathie ici, au sein de cette œuvre mélancolique et très référentielle, dont les niveaux de lecture dépendent de l’amour que le spectateur porte à la star.
Sur le simple plan scénaristique l’histoire possède un certain air de déjà-vu et de hasards commodes. Mais plus le récit avance et plus il recèle des surprises, de l’humour, un surplus de fraîcheur et de liberté. La réalisation nerveuse d’Emmanuelle Bercot (qui est parfois plus connue pour ses rôles en tant qu’actrice, de Carlos à Polisse) lorgne parfois vers le documentaire, ce qui renforce le réalisme de l’exercice en plus de bien mettre en valeur la singularité des paysages.
La fermeté de l’écriture permet de mieux accepter ces êtres dont l’esquisse demeure souvent sommaire. Là n’est pas l’intérêt de ce road-movie chaleureux et souvent irrésistible qui rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour changer de peau et remettre – enfin – les pendules à l’heure.
 

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