DVD: All The Boys Love Mandy Lane (Tous les garçons aiment Mandy Lane) ***½

3 décembre 2013

(réalisé par Jonathan Levine ; DVD disponible au Québec chez Seville le 3 décembre 2013)

Une adolescente inaccessible (Amber Heard) fait fantasmer tous les garçons de son âge. Certains, avec la complicité d’amies, réussissent tout de même à la convaincre de partir avec eux en week-end dans un ranch isolé. Malheureusement, ils voient vite leurs velléités de rapprochement (et leurs consommations excessives de substances en tout genre) interrompues par les agissements d’un mystérieux tueur.
Le point de départ fait immanquablement penser à de nombreux autres films destinés à un public adolescent peu exigeant. Pourtant, dès son premier film (il date de 2006), le réalisateur du très agréable Warm Bodies était déjà maître dans l’art de faire de belles choses avec des ingrédients basiques.
D’une part, il filme le milieu scolaire et extra scolaire de manière certes brève mais convaincante, mais il prend également la peine d’installer de vrais personnages, interprétés par des acteurs dont l'âge et le physique semblent plus en conformité avec la réalité que dans la plupart des films du même genre. Le travail d’écriture étant lui aussi supérieur à la moyenne, les adolescents dépeints correspondent aux critères du genre mais sont beaucoup moins caricaturaux qu’à l’accoutumée. Ils ne sont en effet pas des pantins hollywoodiens destinés à se faire trucider pour le plaisir du spectateur amateur d’hémoglobine mais ressemblent à des vrais ados, c’est à dire un peu stupides, ne pensant qu’à faire n’importe quoi pour s’amuser, mais finalement attachants. Lorsque le jeu de massacre commence (assez tardivement), l’impact est donc forcément plus grand pour le spectateur.
La mise en scène également est intéressante. La multiplication de petits effets de style n’est pas uniquement l’acte gratuit d’un jeune cinéaste cherchant à impressionner la galerie. Jonathan Levine parvient en effet à conférer à son film un univers proche du fantastique, qui colle parfaitement bien aux différentes parties du film. Dans un premier temps, Mandy Lane est un personnage qui semble évoluer dans une autre dimension (sa virginité et le petit clin d’oeil de la scène du serpent en font presque un personnage biblique). Par la suite, lorsque le film change de direction, le style semble en osmose parfaite avec cette sensation de perte de contrôle des protagonistes (la fatigue, l’alcool et les drogues leurs font perdre leurs repères, à l’image des images souvent irréelles, presque flottantes).
Nous ne révélerons pas la fin, mais elle constitue la dernière force du film. L’effet de surprise qu’elle semble nous réserver étant finalement logique au vu de la première scène, nous l'acceptons avec plaisir car elle est plus la preuve de la maîtrise du réalisateur qu’un recours à la facilité.
Sans être un chef d’oeuvre, All The Boys Love Mandy Lane est une oeuvre qui, sous ses allures de petit film, renfermait déjà bon nombre des qualités de Jonathan Levine!
 

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