14 mars 2014

Quai d’Orsay ***½

Nouvelle plume du ministre des Affaires étrangères (Thierry Lhermitte), Arthur (Raphaël Personnaz) découvre un monde dont il ignorait tout : celui de la politique, de ses dédales sans fin et de ces gens qui travaillent inlassablement.

Réalisateur : Bertrand Tavernier | Dans les salles du Québec le 14 mars 2014 (Axia Films)

C’est la première fois que le vénérable cinéaste Bertrand Tavernier réalise une comédie de A à Z (Que la fête commence était très drôle mais il comportait également quelques éléments dramatiques). Résultat ? Un de ses films les plus accomplis depuis longtemps et certainement le long métrage le plus hilarant des dernières années.
À partir de la bande dessinée d’Abel Lanzac (Antonin Baudry de son vrai nom) et de Christophe Blain (qui ont également participé au scénario et aux dialogues), le père de L.627 égratigne le monde politique sans verser dans le cynisme d’usage. Au contraire, tout se joue au niveau de l’ironie et de la dérision, du sarcasme et de la satire brillante. Se déroulant à cette époque pas très lointaine où les États-Unis menaçaient d’envahir l’Irak sans preuve tangible et où la France parvenait à demeurer du bon côté de l’Histoire, le récit se moque de tout avec intelligence, des poncifs des hommes d’État à tous ces simulacres d’une véritable démocratie.
L’effort très verbeux n’évite pas une certaine répétition au niveau des thèmes et des blagues. Il est cependant élevé par une mise en scène extrêmement dynamique qui lorgne vers le cinéma de Preston Sturges sans pour autant nier ses origines. Il y a surtout Thierry Lhermitte qui s’amuse comme un petit fou, livrant une performance démentielle et renouant enfin avec l’esprit de la mythique troupe du Splendid qui avait lancé sa carrière. Il est secondé par une distribution en or, dont le toujours juste Niels Arestrup qui s’est mérité le César du meilleur acteur dans un second rôle.
Avec son rythme effréné, ses dialogues cultes et ses situations incroyables à peine caricaturées, Quai d’Orsay demeure un grand plaisir sans cesse renouvelé d’un grand maître qui vieillit définitivement bien.

Lire également notre entrevue avec Bertrand Tavernier
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