Enemy (Ennemi) ***½

14 mars 2014

Adam Bell (Jake Gyllenhaal), un professeur de Toronto, voit par hasard un film dans lequel un des figurants lui ressemble étrangement. Après avoir retrouvé la trace de son sosie, il lui propose une rencontre. Il s'aperçoit alors qu’ils sont absolument identiques, ce qui ne semble pas être du goût de tout le monde.

Réalisateur: Denis Villeneuve | Dans les salles du Québec le 14 mars 2014 (Les Films Séville)

Dès les premières images, Denis Villeneuve tire le maximum des images de Nicolas Bolduc et nous plonge dans une ambiance inquiétante proche du fantastique ou du rêve. Très vite, les choses normales semblent cependant reprendre, même si l’excellente musique nous laisse croire que tout reste possible. Cette impression est d’ailleurs renforcée par la présence récurrente de deux éléments de la première scène (un talon et une araignée) qui semblent nous maintenir dans un rêve parsemé de symboles. Nous aurons d’ailleurs bientôt la confirmation que nous ne sommes pas dans une simple histoire de sosies, sans que l’on sache jamais où nous sommes vraiment, la grande force de Villeneuve étant justement de ne jamais rien nous imposer.
Ainsi, certains spectateurs pourront choisir de voir dans Enemy un pur exercice de style, brillamment exécuté comme un superbe hommage au cinéma de genre. D’autres pourront élaborer toutes sortes d’hypothèses, qui se révéleront tour à tour plausibles ou absurdes (du voyage dans le temps au développement parallèle de deux êtres identiques ayant fait des choix de vie différents, en passant par bien d’autres...). On pourra aussi (surtout?) voir en Enemy une réflexion sur la culpabilité d’un homme tiraillé entre sa femme enceinte et sa maîtresse, entre sa bonne et sa mauvaise conscience, entre son envie de mettre à mort l’objet de son plaisir adultérin et le désir qu’il lui inspire encore.
Chacun aura la possibilité de choisir son niveau de lecture (de la petite série B efficace à la réflexion plus cérébrale) et de tirer ses propres conclusions, le film étant assez riche pour permettre de nombreuses hypothèses et conduit avec suffisamment de maestria pour fasciner constamment.
C’est ce qui s’appelle faire du cinéma intelligent sans en avoir l’air! On préfère ça à l’inverse...
 

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