This is Where I leave You (C'est ici que l'on se quitte) **

19 septembre 2014

À la mort de leur père, quatre enfants reviennent dans la maison familiale. Accompagnés de leurs conjoints et leurs petites familles, ils doivent cohabiter ensemble pendant sept jours de deuil... Très rapidement, les choses dérapent.

Réalisateur : Shawn Levy | Dans les salles du Québec le 19 Septembre (Warner Bros)

D’emblée, le dernier opus de Shawn Levy (Night at The Museum, Date Night) nous fait penser à deux autres films. Face à chacun d’eux, This is Where I leave you sort grand perdant. On nommera Elizabethtown, l’imparfait mais injustement mal aimé film de Cameron Crowe, une comédie aux teintes dépressives chroniquant le dur retour d’un homme à sa ville natale pour les obsèques de son père. L’autre parent proche au film de Levy est Death at a Funeral de Frank Oz, qui relatait l’enterrement d’un père de famille en multipliant les distractions et les situations comiques les plus ahurissantes.
This is Where I leave You intègre les thèmes et les questions du premier (la réussite professionnelle, le bonheur, la famille, les rivalités…) à l’intérieur de la prémisse du second, soit les retrouvailles houleuses au temps du recueillement (ici sept jours, tel qu’exigé par le défunt père pour honorer ses traditions juives). Cependant, Shawn Levy et son film ne s’élèvent jamais à la hauteur des exemples cités, pourtant loin d’être des chefs d’œuvre. Le résultat est certainement sympathique par moments (gracieuseté de ses acteurs qui sauvent le film du ratage complet, particulièrement Adam Driver), mais, dans l’ensemble, oubliable. La faute revient à Levy lui-même, qu’on sent filmer son scénario, ses personnages (des stéréotypes ambulants : le mari cocu, l’éternel adolescent, le workaholic.) avec la même pauvreté dans la mise en scène que celle déployée dans un téléfilm du dimanche. Sans finesse, multipliant les scènes de remplissage noyées dans les sentiments lourdingues et un humour parfois très discutable. On ne sent pas non plus Levy à la hauteur des questions que son scénario cherche à interroger, ni de cette complexité humaine qu’il se prétend sonder…
Les personnages ont beau clamer avec conviction que «life is complicated», on voudrait bien les croire. Le problème, c’est que leur réalisateur ne semble pas très résolu à les écouter.
 

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