FNC 2014: Maps to the Stars (La carte des étoiles) ***½

31 octobre 2014

Vu dans le cadre du FNC 2014

Agatha (Mia Wasikowska) débarque à Hollywood et devient rapidement la maîtresse d'un séduisant chauffeur qui rêve de gloire (Robert Pattinson) et l’assistante d'une actrice sur le déclin (Julianne Moore). 

Réalisateur: David Cronenberg | Dans les salles du Québec le 31 octobre 2014 (Séville)

Avec Maps to the Stars, David Cronenberg nous entraîne à partager, le temps d’un film, la vie des stars de cinéma. Pour y parvenir, il utilise les codes du film hollywoodien en donnant à son film les apparences d’un produit formaté, avec une photo lumineuse, des jolies couleurs, un luxe rassurant et de belles personnes… du moins partiellement.
L'une d'elles, dont les brûlures au visage sont apparentes, ressemble en effet d'emblée au grain de sable qui va venir troubler la vie parfaite de ces gens qui ont tout pour eux. Très vite pourtant, elle apparaît comme la plus équilibrée (du moins dans un premier temps, ce qui est paradoxal et inquiétant lorsqu’on connaît son passé). Autour d’elle, tous sont névrosés, exécrables, égocentriques et méprisants à l’égard de ce qui ne peut pas leur être utile. Le mythe américain en prend un coup, et les beaux sourire laissent vite place un un mélange de bassesse et de médiocrité.
Pour nous livrer sa galerie de portrait au vitriol, Cronenberg n'a pas peur d'utiliser les grands moyens en recourant à la caricature et aux excès en tous genres. Cependant, il le fait avec une telle perfection, en dosant l'humour et le cynisme avec une telle maestria, et surtout en obtenant le meilleurs d'acteurs tous irréprochables qu'il finit par rendre tous ses personnages incroyablement crédibles.
Encore plus fort, il parvient à transformer tous ces personnages abjects en êtres pitoyables à force de médiocrité et de troubles psychiatriques ou psychanalytiques. Ce revirement laisse en bouche un goût amer encore plus appréciable que si Cronenberg s'était contenté d'un jeu de massacre un peu trop facile!
Au final, son regard cynique sur une ambition qui rend inhumain et sur une sacro-sainte famille avant tout vectrice de névroses est un vrai régal.
 

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