Entrevue avec Julien Fonfrède et Apolline Caron-Ottavi (La Cinémathèque interdite)

8 février 2015

Dès la semaine prochaine, avec La fille qui en savait trop et Les rescapés de l'an 2000, la Cinémathèque québécoise proposera une nouvelle série de programmes doubles qui devraient sentir bon le Bis de qualité. En attendant de voir de quoi la suite des opérations sera faite (pourquoi pas un double programme porno haut de gamme?), nous avons eu envie de rencontrer les deux instigateurs de projet: Julien Fonfrède et Apolline Caron-Ottavi.
(plus d’informations sur la page Facebook de la Cinémathèque interdite)

Avant de parler de la Cinémathèque interdite, je vous demanderais donc dans un premier temps de vous présenter.
ACO: J’écris à la revue 24 images depuis quelques années… J’ai également travaillé pendant trois éditions aux RIDM, et j’ai un peu collaboré à Hors Champs.
JF: Mais tu t’appelles comment, toi, d’abord? (rire)
ACO: Apolline Caron-Ottavi… dans cet ordre là! (rire) Je ne sais pas s’il y a des choses à ajouter…

Je vais remonter à votre petite enfance tout à l’heure… mais pour le moment, ça devrait suffire!
JF: Il faut savoir qu’elle est un peu la fille qui en savait trop, et je suis un peu le révolté de l’an 2000 ou peut-être l’inverse… on ne sait pas! À surveiller. Donc, je suis Julien Fonfrède, programmateur au FNC depuis plusieurs années, anciennement directeur de la programmation Asie à Fantasia pendant environ 6 ans, producteur de films, scénariste… blablabla blablabla… également journaliste, puisque j’ai fait un fanzine sur le cinéma.

Donc, ton parcours est clairement lié au cinéma de genre. Apoline, pour ta part, tu n’as pas parlé de cinéma de genre dans ta présentation, mais nous avons été ensemble sur un jury à Fantasia, donc tu dois un peu t’y intéresser également! Quel est votre rapport au genre et à la cinéphilie? C’est le cinéma de genre qui a fait de vous des cinéphiles, ou c’est plutôt l’inverse?
ACO: Je pense que nos deux cas sont différents. Ma cinéphilie est au départ assez classique. J’ai grandi avec tout le cinéma américain des années 40/50. J’ai d’ailleurs fait mon mémoire dessus. Le cinéma de genre a toujours été un peu là, mais je m’y suis vraiment intéressée récemment. Il y a un vrai plaisir cinéphile qui s’est créé autour de ça, même si je n’ai jamais vraiment travaillé ou écrit sur le sujet.
JF: Clairement, ma passion pour le cinéma vient du cinéma de genre. J’étais un boulimique du genre. Pour moi, il y a une vie avant et après Escape From New-York. Il y a la vie avant et après Les 7 mercenaires, ou Le Bon, la Brute et le Truand. Ma cinéphilie a grandi avec ces films, mais après, pour moi, il n’y a pas de différence entre le cinéma de genre et le cinéma plus généraliste. (...) Mes goûts cinématographiques vont partout dans le cinéma, mais c’est vrai que je suis rentré dans le cinéma en découvrant des choses qui n’étaient pas dans une culture officielle… et j’ai toujours plaisir à en découvrir, ou à en faire découvrir, en dehors de ce qui est considéré comme du grand cinéma.
ACO: Je ne me suis jamais posé de questions par rapport à ça avant d’écrire sur le cinéma. Quand j’étais jeune, j’avais vraiment une cinéphilie indifférenciée. Un de mes films préféré quand j’étais enfant, c’était L’homme qui rétrécit de Jack Arnold, les westerns de Sergio Leone… mais aussi tout ce que je pouvais trouver dans les cinéma d’art et essai à Paris, et je ne me posais pas vraiment la question de culture officielle ou de cinéma de genre.

Est-ce que vous ressentez, dans votre activité, une sorte de mépris ou d’incompréhension face au genre de la part de gens qui sont prétendument cinéphiles?
JF: En fait, je m’en fous, car je sais que j’ai raison (rire). Ça existe, mais je m’en fous un peu! Je n’ai pas à prouver que tel film est aussi bien qu’un autre. À la limite, j’ai à dire à la personne «viens le voir, et après on s’en reparle». Un film comme Les révoltés de l’an 2000 par exemple, qu’on va projeter samedi, je pense que c’est un très grand film. Si quelqu’un en doute, qu’il aille le voir!
ACO: Il y a surtout une méconnaissance de ce cinéma. On n'entend pas parler de ces films à l’université, ou très rarement…
(...)

Qu’est-ce qui a motivé votre envie de proposer cette programmation à la cinémathèque?
JF: C’est une idée que j’ai depuis assez longtemps! En regardant la Cinémathèque de l’extérieur, on se dit «mais ils doivent en avoir des choses là-dedans». Mais quoi? On ne peut pas vraiment le savoir! J’avais toujours ça en tête, comme une sorte d’absolu, de savoir ce qu’ils avaient vraiment. (...) On a donc approché la cinémathèque en leur demandant ce qu’ils pensaient de cette idée, avec un concept, avec un nom, etc. Ça leur a plu. Et Apolline avait quelques contacts à la cinémathèque, ce qui a facilité le dialogue.
ACO: Et pour moi, il y a aussi le volonté de fouiller, de voir des films, d’en montrer… mais aussi de découvrir.

Et donc, vous avez commencé à mettre le nez dans leur trésor…
JF: On a tout juste commencé! Ce n’est pas évident en fait.

Concrètement, comment se passe la travail de recherche?
ACO: Par cinéaste, par année…
JF: Par réalisateur… mais on peut voir des choses qu’on ne connaît pas! Et ce n’est pas évident de programmer, car il nous faut deux films. Idéalement, il faut qu’ils aillent bien ensemble. Il y a aussi un dilemme car on veut des bons films. D’un autre côté, l’aspect psychotronique bis, c’est tentant, c’est sympathique, mais ce n’est pas forcément la priorité.
ACO: Il ne faut peut-être pas effrayer un certain public dès le départ. Il faut plaire à un public qui aime déjà le bis, mais aussi aux cinéphiles qui ne sont pas spécialistes.
JF: En France, ils vont dans le bis à fond. J’aimerais bien, mais pas autant, car les films de crocodiles tueurs, c’est cool, mais c’est pas forcément toujours des bons films. J’aimerais bien surtout passer des bons films!
ACO: À la première séance, les cinéphiles qui ne sont pas adeptes du bis pourront faire de vraies découvertes.
JF: On va probablement aller ensuite dans le bis plus spécialisé, mais il faut doser. Ce n’est pas Fantasia. Ce n’est pas «c’est tellement idiot que c’est cool». Il faudrait qu’il y ait une vraie valeur cinéma, ou un vrai plaisir cinéphile un peu juvénile qui peut être très agréable. Il y a un désir de revaloriser le cinéma d’exploitation. Mais ce n’est pas facile! Après 50 heures de recherches quand on trouve un film qui correspond à ce qu’on recherche, il peut y avoir un problème avec la copie.

Il y a des films que vous ne pouvez pas projeter car les copies sont trop mauvaises?
ACO: L’information ne figure pas toujours dans la base de donnée. Ils peuvent donc nous revenir en nous disant que ça n’est pas possible!
JF: On a vu qu’ils avaient Ataragon, de Inoshiro Honda, un film de sous-marin vraiment cool. Tout le monde est super enthousiaste! On fait les tests… et on nous dit que la copie est très mauvaise, mais qu’on aurait le droit à une dernière projection avant qu’on la détruise! C’est le genre de copie qui ne peut même pas être à côté d’autres copies! C’est quand même cool cette idée de dernière projection… mais je crois aussi qu’il y a un truc un peu dangereux! Ça peut prendre feu (rire). Ça serait un événementiel à part entière… mais bon! Donc pour l’instant, ce n’est pas évident à trouver.
ACO: La dernière fois, on a fait des recherches par années… On peut tomber sur des trucs qu’on ne connaît pas, mais qui sont intrigants. Dans ce cas, on fait alors des recherches pour savoir ce que c’est.
JF: On est tombé sur un film fantastique espagnol des années 60.
ACO: Inspiré de Kubrick.
JF: Avec l’actrice de Lolita, Sue Lyon. Ça fait des références directes à Orange mécanique. Personne n’a vraiment écrit dessus. Mais on ne peut pas voir les films avant… alors, faut-il le passer sans l’avoir vu? On est dans ce genre de tiraillements…

Vous n’avez aucun moyen de visionner un film?
JF: Pas pour l’instant, car c’est un peu compliqué. On est vraiment dans les prémisses. On a trouvé in extremis deux titres car les deux choix précédents étaient en trop mauvais état. Il faut maintenant qu’on trouve pour les autres séances… Pour l’instant, on a vu plusieurs choses qui peuvent être pas mal! Il ont plein de pornographie aussi!

Tu me prends par les sentiments… on va en reparler bientôt! Mais, toujours à propos des copies, je voulais aborder un autre sujet. Les deux films que vous projetez samedi prochain sont en VF. Pour moi, c’est un problème! Risque-t-on de le retrouver?
ACO: Ils ont beaucoup de copies en VF!
JF: C’est une réalité… il n’y a pas de sous-titres. C’est soit en anglais, soit en français!
ACO: (à JF) Toi, tu as peut-être plus été élevé à la VF. (à JML) Je suis plus comme toi, ma première réaction a été de me dire «la VF, ce n’est pas possible». Mais pour la programmation de samedi, j’ai vu les deux films en VF, et franchement, je trouve que ça passe très bien!

En plus, c’est vrai que pour les films italiens, du moins dans le cinéma de genre, on a tellement l’habitude de voir des films en anglais… d’ailleurs, on ne sait pas trop quelle est la langue originale…
JF: Voilà! Mon premier réflexe a été de vouloir passer des VO sous titrées, mais ces copies sont très difficiles à trouver. Idéalement, si ça marche bien, on va essayer d’en trouver ailleurs, mais pour l’instant, on reste dans les archives de la Cinémathèque québécoise. On n’a donc pas le choix: ça sera en VF. Si les films sont biens, ils peuvent être vus quoi qu’il arrive! Après, quand je les ai découverts… comme tous les gens qui les ont découverts à l’époque, ce n’était pas dans la langue d’origine. C’est juste récemment, avec le DVD, qu’on a pu les voir en VO. L’idée est quand même de retrouver le double programme des films d’exploitation de l’époque… qui étaient toujours doublés! On a grandi avec ces doublages! (...) On va les voir comme on les voyait à l’époque. Toute ma connaissance et ma passion de Hong-Kong ou du cinéma japonais c’est fait en VF. Ils n’étaient pas accessibles sous-titrés.

Pour les gens qui ont à la base la cinéphilie que je partage avec Apolline…
ACO: À tout voir en version originale…

Pour aller ensuite vers le cinéma de genre devenu de plus en plus accessible en VO, n’avez-vous pas peur que ces versions françaises soient décourageantes. Surtout pour un public cinéphile qui méprise ce cinéma sans vraiment le connaître!
JF: Oui, mais il ne faut pas! Il faut qu’il vienne!
ACO: Je pense qu’il y a moyen de les faire venir!
JF: Ces films ont été découverts doublés! J’ai eu ce doute, mais j’ai regardé la programmation cinéma bis de la Cinémathèque française. Ils les passent tous en Français! Si le film est bon, il faut y aller!

Après, il y a aussi quand même des films anglophones ou francophones.
JF: J’aurais du mal pour les films anglophones doublés en français.

Mais je pense qu’ils ont des copies en anglais?
JF: Oui… alors qu’à la Cinémathèque française, les films de la Hammer, ils les passent doublés en Français. Ça, je ne le ferai pas!
ACO: Ça dépend beaucoup des films. Pour certains films, ça passe plutôt bien.
JF: Pour certains films, le VF est encore mieux que la langue originale.
ACO: C’est vrai, pour certains films, la VF est un vrai plaisir.
JF: Même si ça sort de la cinéphilie classique, ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est le plaisir cinéma. Point. Le doublage français de La fille qui en savait trop fonctionne très bien! (...)

(...)

Et vous envisagez de proposer des films qui semblent faits pour les «bisseux» mais qui sont en réalité plus sérieux?
JF: C’est simple, Les révoltés de l’an 2000, c’est un film férocement politique. On est dans un film qui fait réfléchir sur quelque chose de profond et d’important.
ACO: Le générique est une entrée en matière assez violente.
JF: C’est un film aussi important que Rosemary’s Baby pour moi! C’est du bon cinéma… et le bon cinéma fait réfléchir. On veut montrer du bon cinéma… mais on veut aussi s’amuser! On va doser ça!

Et justement, dans le bis… J'interromps ma question, car avant, on va faire un peu de pédagogie pour les non initiés! Comment pourrait-on définir le cinéma bis, qu’on va retrouver beaucoup dans votre programmation?
JF: Personnellement, je ne vais jamais sur la notion de cinéma bis, car je ne fais pas trop de différences, mais il y a cette notion de cinéma à petit budget, avec un genre moins propre, comme le cinéma d’horreur, de cinéma érotique…
ACO: Le cinéma d’exploitation…
JF: Et à l’intérieur de ça, il y a des très grands réalisateurs et des très grands films, mais ce n’est pas un genre a priori propre!
ACO: Il y a peut-être moins de barrières…

D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un genre…
JF et ACO: Non!

C’est une façon de faire du cinéma, mais c’est plusieurs genres.
JF: C’est plus un monde à part entière.

Tu as cité certains genres… on peut ajouter le cinéma d’aventure au sens large, du péplum au western…
ACO: Le fantastique…

Et vous envisagez d’aller dans toutes ces directions?
ACO: Je pense que oui.
JF: Oui!

Y compris le cinéma pornographique donc. pour revenir à ce que tu disais tout à l’heure? Il y a un bon fond de cinéma pornographique à la cinémathèque québécoise?
JF: (rire)
ACO: Avant, pour finir sur le sujet, je pense que c’est un cinéma qui explore vraiment… Le mot expérimental fait toujours un peu peur, mais ce genre de cinéma un peu hors norme, hors balises, avec des petits budgets, permet de faire des choses parfois très audacieuses.

Il n’y a pas de limites finalement…
ACO: Je pense qu’il y a beaucoup à apprendre dans ces films. Autant que dans les grands classiques! Mais donc… retour à la pornographie!
JF: (rire)

Oui… donc, il y a du porno français des années 70?
JF: Il y en a des tonnes!

Si vous avez du Gérard Kikoine, et notamment Chaudes Adolescentes… je suis preneur, c’est un chef oeuvre! Ça commence comme un comédie, ça passe par une ambiance de thriller fantastique et ça finit en drame… c’est une merveille!
JF: Idéalement, ce qu’on voudrait, c’est créer une communauté, pour qu’on puisse interagir par le biais de la page Facebook. Certaines personnes pourraient nous demander s’il y a tel film… on pourrait demander ce que les gens pensent de tel film… Ça serait l’équivalent d’une projection chez soi, mais avec accès à la cinémathèque.
ACO: Mais ce n’est pas comme une projection chez soi. Ma cinéphilie est liée à l’idée d’aller en salle, de voir des films avec d’autres gens. Il y a quelque chose de très beau là dedans, même si évidemment je vois aussi des films chez moi. Il y a un plaisir différent à voir un film en salle.
JF: Je suis quasiment sûr qu’ils ont Chaudes Adolescentes! (rire)

Ça serait génial. C’est du 35 mm. Il y a une direction photo très intéressante sur ce film.
JF: Ils ont les films en 35 mm.

À côté, un John B. Root, malgré ses ambitions… il ne fait pas la même chose!
JF: Il faut que les gens viennent aux projections… il faut créer quelque chose! On en a déjà parlé aux gens de la cinémathèque.

Ils seraient partants?
ACO: Oui.
JF: Ils n’auraient aucun problème à passer de la pornographie! Ils ont L’arrière train sifflera trois fois, au titre excellent! Et tout ça, c’est en 35 mm! (...) L’idée, c’est de voir des films ensembles, avec des gens qu’on ne connait pas! Alors que chez soi, on verrait ça entre amis! On va impliquer les gens au fur et à mesure. Ça pourrait être cool de créer un truc!

Et je reviens toujours à l’idée de faire venir un public qui n’est pas le public cible de ce cinéma un peu différent! Faire ça à la Cinémathèque peut aussi faire venir des abonnés qui ne sont peut-être pas tous spécialistes. C’est très important aussi je pense!
JF: Les deux films de samedi prochain sont dans la cinéphilie pure!

D’où l’importance de la qualité!
JF: Mais à un moment donné, on va aussi s’amuser!
ACO: Mais ça restera des choses que les cinéphiles auront envie de voir!
JF: À un moment, on avait envisager de mettre un baromètre double: qualité et plaisir!
ACO: Mais c’est difficile à évaluer.
JF: Avec les films de samedi, on est dans le dix pour chacun des deux critères!
(...)
JF: L’idée aussi sera de se greffer à l’actualité. Quand Mad Max 4 va sortir, ça sera bien d’avoir une soirée barbares italiens! Il y en a à la cinémathèque! On voudrait bien aussi impliquer des réalisateurs d’ici…
ACO: Inclure des gens.
JF: Créer un truc super relax, où on peut avoir du plaisir, se parler entre les deux films…

Et pour parler de l’avenir, ça sera sur une base régulière? Qu’est-ce qui est prévu pour l’instant?
ACO: On ne sait pas encore très bien. Il n’y en aura pas en mars, mais on compte en faire en avril.
JF: On a été pris un peu de court pour prévoir tout ça à cause du délai pour tester les films! Idéalement, on aimerait que ça soit tous les mois! Il faut clarifier avec la Cinémathèque… on reviendra soit en avril et en mai, soit une fois entre avril et mai! On va voir! S’il y a du monde, il vont probablement nous dire quand on veut!
ACO: En plus, ça sera un programme double… avec deux films pour le prix d’une place! Ça devrait marcher!
JF: Si on y va, il faut amener des amis. C’est cool entre amis!

Vous voulez conclure en présentant les deux films de samedi?
ACO: La fille qui en savait trop, c’est le premier Giallo si on peut dire… C’est un très beau film avec une sorte de personnage de jeune femme très juvénile qui évolue dans un monde très cauchemardesque. C’est très onirique.
JF: Et très sexy!

Le giallo est associé à la couleur, mais celui-ci est en noir et blanc…
JF: Un beau noir et blanc!
ACO: D’ailleurs, Bava a fait trois films en couleur juste avant, et il revient au noir et blanc avec ce film!

Qui est visuellement magnifique!
JF: Superbe film! Et il y a la chanson d’Adriano Celentano, Furore, qui est démentielle! (...) Et l’autre film, Les révoltés de l’an 2000, c’est un des très bons films européens, réalisé par Narciso Ibáñez Serrador, qui n’a fait que deux films, mais qui ont inspirés énormément de cinéastes en Europe. C’est un des cinéastes préférés de Gaspar Noé et de Lucile Hadzihalilovic, qui avait fait Innocence en hommage à son premier film. C’est un film sorti en 76, très en avance sur son temps. On pense énormément à Rosemary’s Baby. C’est un film très réflexif sur le rapport au monde. C’est une prise de conscience de l’enfance par rapport à la guerre. Les enfants réalisent qu’au stade où en est le monde, la seule chose à faire est de tuer tous les adultes et de faire table rase sur le monde. Le film se passe en 76, mais pourrait se passer aujourd’hui quand on voit ce qui se passe. C’est très noir, très dur. On n’est pas dans l’horreur graphique, mais c’est un film très angoissant! Ça fout vraiment la trouille! C’est un vrai film culte! Mais je ne l’ai jamais vu en salle par exemple! Pareil pour La fille qui en savait trop!

C’est vrai qu’on peu voir de plus en plus de film chez soi, mais voir ces films en salles… c’est un plaisir qu’il ne faut pas laisser passer!

Entrevue réalisée par Jean-Marie Lanlo à Montréal le 6 février 2015
 

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