Maggie ***½

8 mai 2015

Un père (Arnold Schwarzenegger) héberge sur sa ferme sa fille (Abigail Breslin) frappée par un virus qui la transforme lentement en monstre mangeur de chair. Ils passent ensemble les derniers jours de la jeune femme.

Réalisé par Henry Hobson | Dans les salles du Québec et en VOD le 8 mai 2015 (VVS Films)

En utilisant les codes du cinéma de zombies, Maggie cherche à explorer un thème que les œuvres du genre ne faisaient qu'évoquer en surface. Ici, la transformation en monstre se fait lente, ce qui laisse le temps au père d'anticiper l'arrivée de la mort et de se préparer à tuer (ou pas) lui-même sa propre fille. Refusant de se cacher derrière l'aspect horrifique de la situation, le premier film du réalisateur américain Henry Hobson est très loin du cinéma d'horreur, préférant explorer avec douceur l’âme de ses personnages pour évoquer leur drame humain.
Il est alors d'autant plus étonnant de voir Arnold Schwarzenegger en tête d'affiche. L'acteur surprend par la qualité de son jeu. Sa carrure imposante contraste avec la sensibilité du rôle et évoque subtilement le passé du personnage. À ses côtés, la jeune Abigail Breslin, qui occupe le rôle de la mourante, établit une belle complicité avec sa covedette mythique.
Le film avance lentement. Si certains personnages secondaires manquent de relief, utiles par leurs fonctions scénaristiques, le réalisateur redouble d'attention pour ses deux protagonistes. Il s’intéresse à leur vie intérieure et, malgré la tragédie qu’ils vivent, il porte sur eux un regard positif, ne se limitant pas à leurs regrets et leur tristesse. Grâce à une caméra impressionniste, le réalisateur exprime dans le silence la mélancolie qui habite ses personnages et ajoute à son film une touche de poésie.
On se retrouve donc à l'opposé des poncifs du cinéma d'horreur, loin des bruits soudains et de l'angoisse forcée. Maggie est une relecture intelligente et tranquille des codes d'un genre qui ne prend pas toujours le temps de s'attarder sur les drames qu'il présente. Henry Hobson, lui, préfère les approfondir et trouve ainsi une certaine poésie en s’inspirant d’un genre qui capitalise sur la noirceur.
 

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