Caprice ***

12 juin 2015

Un petit instituteur est au comble du bonheur lorsqu’une actrice célèbre, dont il est un fervent admirateur, tombe amoureuse de lui. Cependant l’arrivée de Caprice, une jeune fille ravissante qui le voit comme l’homme idéal, bouleverse son existence idyllique.

Réalisateur : Emmanuel Mouret | Dans les salles du Québec le 12 juin 2015 (K-Films Amérique)

Il y a une fraîcheur indéniable dans les comédies d’Emmanuel Mouret. Cela tient peut-être de son approche optimiste du genre humain et des personnages féminins en particulier. Si sa signature est fortement imprégnée par le style de Woody Allen, il n’est pas comme celui-ci inspiré par le cynisme mais bien par l’espoir et les heureux hasards. Derrière les mots d’esprits et les situations cocasses qui relèvent souvent du fantasme, le réalisateur d'Un baiser s’il vous plaît utilise la comédie romantique pour explorer les multiples facettes du sentiment amoureux. Cette fois-ci, il s’interroge sur l’extase d’un amour idéalisé, cette conviction profonde d’avoir trouvé la personne parfaite.
Dans l’univers de Mouret, la belle actrice célèbre tombe aisément amoureuse du petit instituteur maladroit, mais là où le fantasme s’élève au niveau de la réflexion, c’est lorsqu’une jeune fille éprouve à l’égard de Clément cette même exaltation et doit vivre avec le fait que son sentiment n’est pas réciproque. Pendant que d’autres auteurs opteraient pour le drame ou une attitude revancharde, Mouret choisit plutôt de dresser le portrait d’une jeune femme pleine de verve et d’esprit : « Ne sois pas égoïste, soit infidèle », lui dit-elle le sourire aux lèvres et l’œil coquin. Sous les traits d’Anaïs Demoustier, Caprice est belle et charmante, jamais pathétique malgré son caractère excessif. De son coté, Virginie Efira donne au personnage d’Alicia le charisme d’une actrice célèbre tout en misant davantage sur sa sensibilité et son authenticité. On voit en elle une femme bien plus qu’une vedette.
La première moitié du film contient toutes les qualités qui ont fait la renommée de Mouret, à commencer par ces répliques savoureuses et cette théâtralité singulière qui régente l’interaction des personnages, mais l’histoire s’essouffle dans sa deuxième partie alors qu’un flirt entre l’actrice et le meilleur ami de Clément (Laurent Stocker, touchant) détourne l’attention du spectateur pour nourrir une réflexion selon laquelle le choc amoureux est souvent une question de circonstances. Malgré tout, Caprice se laisse regarder sans ennui et ne décevra pas les amateurs d’Emmanuel Mouret.
 

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