Eden ***

19 juin 2015

Des années 90 jusqu’à nos jours, nous suivons la carrière de Paul, un DJ parisien membre du duo Cheers qui brillera sur la scène internationale en popularisant le garage, un courant musical apparenté à la house et au disco.

Réalisatrice : Mia Hansen-Love | Dans les salles du Québec le 19 juin 2015 (EyeSteelFilm distribution)

Avec Eden, Mia Hansen-Love ne nous propose pas tant un film biographique que le portrait d’une génération, celle des années 90, alors que la musique électronique prend de l’ampleur avec l’apparition des partys raves et que les DJs deviennent les nouveaux gourous de la scène émergente parisienne.
La première partie du film est à la fois originale et déroutante: on nous présente une foule de personnages sans vraiment les distinguer, chacun d’eux traversant une kyrielle de scènes très courtes rythmées aux sons de musiques envoûtantes, comme si la réalisatrice voulait nous faire goûter l’époque avant les individus. Chaque nuit, ils écument la scène underground à la recherche d’endroits branchés où la musique se démarque. Peu à peu, les personnages se dessinent et la dynamique entre eux se précise. Deux passionnés de mixage d’un style appelé garage formeront le duo Cheers, une référence dans l’univers des DJs, et nous les suivons avec leur entourage tandis qu’ils acquièrent une renommée internationale.
La caméra d’Hansen-Love est intimiste en toutes circonstances, privilégiant des scènes courtes qu’on dirait croquées sur le vif, un peu au hasard. Les ellipses sont nombreuses et empêchent le spectateur de s’intéresser aux petites histoires de chacun. C’est une ambiance que la réalisatrice cherche à saisir, un phénomène social, la trajectoire d’un petit groupe d’amis qui se rapprochent et s’éloignent au fil du temps et des événements. La musique occupe bien entendu une place importante dans le film qui semble d’ailleurs avoir été conçu comme un vidéoclip sans pour autant surcharger la bande sonore.
La deuxième et dernière partie du récit se fixe définitivement sur le personnage de Paul et nous expose de manière plus conventionnelle l’envers de la médaille: la drogue, l’endettement et l’inévitable déclin. Fort heureusement, ce segment n’est pas très long et ne saurait ternir les qualités intrinsèques d'une oeuvre bien interprétée, mais qui restera dominée par la mise en scène de Mia Hansen-Love.
À coup sûr, Eden est un incontournable pour les amateurs de musique contemporaine.
 

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