Güeros**½

19 juin 2015

Tomas multiplie les frasques. Un jour sa mère n’en peut plus de son comportement et décide de l’envoyer vivre quelque temps avec son grand frère installé à Mexico

Réalisateur : Alonso Ruiz Palacios| Dans les salles du Québec le 19 Juin (Cinéma du Parc)

Le premier film d’Alfonso Ruiz Palacios propose une déambulation mélancolicomique à travers les rues de Mexico. Son récit prend la forme d’une suite de bifurcations, de rencontres imprévisibles, de moments à l’importance et à la force inégales. Au passage, Ruiz Palacios accueille plusieurs pistes possibles (une intrusion armée en voiture, une soirée célébrant la première d’un film mexicain), mais elles restent toujours périphériques, secondaires. C’est particulièrement le cas dans son traitement de la grève étudiante à l’Université de Mexico en 99, période durant laquelle Guëros se passe. Mise à part une courte séquence réussie dans laquelle le film sonde les divergences d’idées de ses leaders, ce moment pourtant marquant de l’histoire mexicaine récente restera en arrière-plan, agissant comme un simple background duquel retentissent quelques échos éloignés (via le seul personnage féminin et engagé du film, la trop effacée Anna)…. Güeros et Ruiz Palacios regardent plutôt ailleurs.
Prenant au mot les paroles de Sombra, le grand frère, et de son ami qui affirment « être en grève contre la grève », le film privilégie une piste plus intime, soit cette tentative de Tomas et Sombra de retrouver les traces d’un ex-chanteur adulé par leur père. À travers cette quête aussi improbable qu’émouvante, mais aussi par le minimalisme de son intrigue ou encore le laconisme de ses protagonistes désœuvrés cherchant leurs repères, Ruiz Palacios se réclame en héritier assez inattendu du cinéma de Jim Jarmusch (Stranger Than Pardise, Mystery Train). Pourtant à trop se prendre pour Jarmusch et Godard (première période), Ruiz Palacios s’égare et échoue à construire un film qui tienne debout, comme trop pris dans son jeu de références pour développer une identité propre en tant que metteur en scène…
Au final, Güeros reste un film imparfait, néanmoins assez attachant pour qu’on suive de près la carrière de son jeune réalisateur.
 

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