Mr. Holmes ***

17 juillet 2015

Au crépuscule de vie, alors qu’il initie le fils de sa logeuse aux secrets de l’apiculture, Sherlock Holmes se remémore ses deux dernières enquêtes, la première à propos d’une femme aigrie par la mort de son enfant et la deuxième concernant une mystérieuse affaire qui se déroule au Japon.

Réalisateur : Bill Condon| Dans les salles du Québec le 17 juillet 2015 (Les Films Séville)

Avec cette énième adaptation du célèbre détective à l’écran, le réalisateur Bill Condon (Gods and Monsters, Dreamgirls) nous présente un Sherlock Holmes au crépuscule de sa vie... non pas un retraité encore vif et plein de ressources, mais bien un vieillard courbaturé et affaibli à qui il ne reste que les souvenirs. C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt de cette version où le mythique personnage n’est plus que l’ombre de lui-même.
Il est ici surtout question du regard doux-amer que porte un homme sur sa propre légende. Il parle abondamment des livres que son ami le docteur Watson a écrits à son sujet et s’amuse à nuancer le vrai du faux, notamment en ce qui concerne sa pipe et son chapeau qui ne seraient que pures inventions. Privé désormais de son biographe, Holmes tente lui-même d’écrire un livre relatant sa dernière enquête mais l’exercice s’avère difficile car sa mémoire lui joue des tours et il n’est pas, de son propre aveu, un écrivain.
La mémoire, de même que le rapport entre fiction et réalité, sont les thèmes centraux de cette chronique qui utilise le légendaire personnage pour mieux traiter des affres du temps qui passe. Les adeptes d’intrigues bien ficelées resteront donc sur leur faim (cela n’est pas le propos du film). Bien entendu, ils auront droit à quelques déductions perspicaces mais rien de comparable avec les coups d’éclats qui ont fait la renommée du personnage.
Le film repose en grande partie sur les épaules de Ian McKellen qui livre une performance touchante, quoi que parfois cabotine, dans le rôle d’un vieillard en fin de parcours. Laura Linney, qui incarne sa logeuse, joue de sobriété dans la peau d’une femme partagée entre l’admiration et l’agacement face aux excentricités de son pensionnaire tandis que le jeune Milo Parker est tout à fait crédible en émule pré-pubère du Dr. Watson. En sommes, malgré quelques faiblesses, Mr. Holmes demeure une belle réflexion sur la postérité.
 

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