Meru ***

4 septembre 2015

Documentaire relatant la double tentative de trois alpinistes pour atteindre le sommet du Mont Meru, réputé pour être l’un des plus difficiles à escalader.

Un film de Jimmy Chin et Elizabeth Chai Vasarhelyi | Dans les salles du Québec le 4 septembre (Métropole Films)

Le mont Meru, situé au nord de l’Inde, atteint une altitude de 21.000 pieds. S’il n’est pas le plus haut sommet de la région, son versant nommé Shark’s Fine (la nageoire du requin) représente néanmoins un véritable cauchemar pour les alpinistes, même les plus aguerris. C’est son ascension qu’entreprennent Conrad Anker, Renan Ozturk et Jimmy Chin dans ce documentaire dédié au courage et à la témérité de ces grimpeurs intrépides. Les premières images du film nous montrent une tente accrochée à la paroi d’une falaise, littéralement suspendue dans le vide. À l’intérieur, trois hommes mangent en discutant, emmitouflés dans leurs vêtements d'hiver. La précarité de leur situation ne semble pas les inquiéter le moins du monde. Après tout, ils sont au repos. Le vrai défi, c’est de gravir ces parois tantôt enneigées, tantôt glacées ou tranchantes comme du silex, qui ne laissent aucune place à l’erreur. Filmées par l’un ou l’autre des alpinistes, les images sont à couper le souffle mais s’emploient surtout à nous montrer comment chacune de leurs manœuvres doit être précise et mesurée.
Entre les deux expéditions qui ont eu lieu respectivement en 2008 et 2011, un segment nous permet d’en apprendre davantage sur le parcours de chacun et cette partie est loin d’être ennuyante. En effet, la vie personnelle de ces trompe-la-mort est à l’image de leur quête et l’on ne peut qu’éprouver de la sympathie pour ces hommes qui ont surmonté tant de difficultés. Le documentaire donne aussi la parole à leurs femmes qui vivent perpétuellement dans la crainte de devenir veuves. Nous en ressortons étonnés, émus et prêts à gravir une nouvelle fois avec eux le Mont Meru.
Il ne faut pas s’attendre toutefois à une grande cinématographie. Jimmy Chin est d’abord un alpiniste qui filme au petit bonheur de la chance l’expédition en cours. Le récit est également ponctué d’entrevues qui confèrent à l’ensemble un style télévisuel. Il n’en reste pas moins que Meru est un documentaire à la fois touchant et spectaculaire.
L'avis de la rédaction :

Sébastien Veilleux: ***
Jean-Marie Lanlo: **½
Martin Gignac: ***½
 

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