The Assassin (Nie yin niang) ****

6 novembre 2015

Texte rédigé dans le cadre du FNC 2015

En Chine, sous la dynastie Tang, une assassine (Shu Qi) qui a refusé d’exécuter sa dernière cible reçoit la tâche d’éliminer un homme auquel elle était précédemment promise.

Réalisé par Hou Hsiao-Hsien | Dans les salles du Québec le 6 novembre 2015 (Cinéma du Parc)

Hou Hsiao-Hsien aura pris son temps avant de nous livrer un nouveau film. Tout est pardonné car, dès les premières images, l’incroyable travail du cinéaste est évident : de l’introduction magnifique en noir et blanc jusqu’aux derniers moments, visuellement saisissants, The Assassin est peut-être l’un des plus beaux films qui nous aura été donné le droit de voir. Autant lors des scènes intérieures, où l’utilisation de voiles et de rideaux pour créer des éclairages diaphanes est remarquable, que lors de celles en extérieur, où le directeur photo, Lee Ping Bin, semble avoir le pouvoir de contrôler les conditions météorologiques, The Assassin est un film que l’on visionne le souffle coupé.
La grande beauté des images sert le caractère expressif des décors, ceux-ci comblant d’une part la distance émotive que le réalisateur entretient avec ces personnages. Ces derniers sont souvent joués très sobrement, l’héroïne interprétée par Shu Qi en tête qui, parce qu’elle est critiquée d’être trop émotive, entretient un stoïcisme inébranlable excepté lors de certains moments clés. Le récit lui-même est traité avec tant de relâchement qu’il en prend une allure abstraite et les scènes de combats, attendues dans ce genre d’histoires, sont prématurément coupées. En réalité, les voir importe peu, tout comme leurs résolutions. Il n’a d’importance que dans le fait qu’elles aient pris place.
Malgré son austérité, The Assassin finit par faire sa marque émotionnelle. Au travers la noblesse affichée et par la beauté picturale de l’ensemble, le récit intérieur des personnages réussit à transparaitre. Hou Hsiao-Hsien parvient à créer un ensemble émotif dense qui se dévoile lentement et qui laisse une impression durable.
L'avis de la rédaction :

Olivier Bouchard: ****
Jean-marie Lanlo : **½
Martin Gignac: ****
Miryam Charles: ***
Sébastien Veilleux: **½
 

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