Early Winter (Premières neiges) **

29 janvier 2016

Un Québécois francophone (Paul Doucet) tente de sauver son mariage avec son épouse russe d’expression anglaise (Suzanne Clément) qui peine à s’adapter au Québec.

Réalisateur : Michael Rowe | Dans les salles du Québec le 29 janvier 2016 (Filmoption international)

Il est difficile de décrire un mariage raté, embourbé dans la routine et le ressentiment, sans que le film qui en résulte ne soit long, monotone et répétitif. C’est malgré tout la voie qu’emprunte Michael Rowe (Año Bisiesto) pour mettre en scène son dernier film.
Utilisant la banalité du quotidien comme précédé narratif, le réalisateur accouche d’une histoire molle, sans véritable fil conducteur mais il est vrai portée par deux interprètes convaincants. L’idée de base n’est pourtant pas inintéressante. On y retrouve David (Paul Doucet, émouvant), un Québécois marié à une Russe qui ne s’exprime qu’en anglais et refuse de s’adapter à son pays d’adoption. Aucun membre de la famille ne parle d'ailleurs français à la maison alors qu’il est clairement mentionné que le voisinage est francophone.  Autrement dit, l’homme (et ses deux fils) sont totalement dominés, voire assimilés par la mère/épouse qui les culpabilise sans arrêt pour mieux les contrôler. En sommes, nous avons droit à un portrait misérabiliste de l’homme québécois, tout cela vu à travers les yeux d’un réalisateur australien vivant au Mexique.
Le fait que l’épouse russe soit jouée par une actrice québécoise (Suzanne Clément, intense) ajoute un deuxième niveau de lecture mais ce choix de casting ne saurait justifier la vacuité du traitement. Le vrai problème est que tout le film se résume à une seule idée et, persuadé de détenir là une vérité universelle, le réalisateur n’a pas cru bon d’aller plus loin, d’avoir recours à un récit structuré ou même de nuancer son propos.
Au contraire, il enchaîne les scènes répétitives pour stigmatiser toujours plus ses personnages. Cela dit, le sort des femmes ne vaut guère mieux puisqu’elles sont décrites comme des mamans ou des putains, offrant du Québec une vision pour le moins simpliste. Il est regrettable que l’auteur n’ait rien eu d’autre à dire sur le sujet... peut-être parce qu’il n’a qu’une connaissance partielle du contexte socioculturel dont il traite, ou parce qu’il souffre de toute évidence d’un manque flagrant de vision artistique.
L'avis de la rédaction :

Sébastien Veilleux: **
Jean-Marie Lanlo: **
Sami Gnaba: *
Martin Gignac: **½
Olivier Maltais: **½
 

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